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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Le prêtre Jean est ce personnage fabuleux que les voyageurs du moyen-âge plaçaient en Asie et considéraient comme un souverain puissant. Au XVe siècle, cette légende reprit une vie nouvelle ; seulement, on la rapporta aux Indes, région vague qui était tantôt l'Inde, tantôt l'Amérique.
Les Portugais entreprirent de rechercher le prêtre Jean. Une ambassade de l'État nègre de Benin leur apprit, vers 1484, qu'à vingt mois de marche de cet état, il existait un roi chrétien appelé Ogané. Une expédition, commandée par Bartolommeo Diaz, entreprit, en 1486, d'explorer la côte occidentale de l'Afrique, tandis qu'une, autre expédition, sous les ordres de Pero de Covilha, cherchait à pénétrer d'Égypte vers la côte. Covilha rencontra, en effet, un état chrétien : l'Abyssinie, et la légende se trouva justifiée. Plus tard, en 1515, les Portugais, à l'instigation d'Albuquerque, envoyèrent de nouveaux explorateurs. Francisco Álvarez fit partie de la mission que dirigeait Duarte Galvão. Il rapporta les informations les plus précieuses sur l'Abyssinie. La cour de Lisbonne ayant décidé que sa relation serait publiée, Alvarez vint à Paris pour rendre l'impression de son livre plus parfaite ; il en rapporta, ainsi qu'il le fit dans la préface, des caractères et des ornements qui lui parurent meilleurs que ceux de Valentin et de Galharde. Nous donnons un fac-simile de l'impression ; on remarque que les types rapportés de Paris par Álvarez diffèrent entièrement de ceux qui étaient usités par les typographes parisiens ; il faut donc croire qu'ils auront été gravés sur les modèles employés au-delà des Pyrénées.
Spécimen des caractères gravés à Paris pour l'impression d'Ho Preste Joam das Indias (1540)
Mensel et Brunet, qui ont apprécié l'intérêt de notre relation, disent à tort qu'elle fut imprimée à Coïmbre ; Salva (Catalogo, II, p. 580) fait observer que Rodriguez n'a eu d'officine qu'à Lisbonne. M. Ferdinand Denis, à qui l'on doit l'excellent article consacré à Álvarez dans la Nouvelle Biographie générale, se trompe dans la description qu'il donne d'Ho preste Joam. Il parle d'un feuillet liminaire qui n'existe pas, et donne comme le titre du volume la souscription placée à la fin.
L'ouvrage d'Álvarez a été traduit en italien, en français, en espagnol et en allemand ; mais toutes ces versions sont inexactes ou incomplètes, et ne peuvent suppléer au texte original qui n'a jamais été reproduit.
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