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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Au titre, la marque de Guillaume Roville (Silvestre, n° 1196).
Au v° du titre est placé un extrait du privilège accordé pour cinq ans à Guillaume Rouillé [sic], libraire de Lyon, et lui permettant. d'imprimer ou faire imprimer la Mutacion des Temps, composée par M. RICHARD Roussat, chanoyne de Langres. »
Les 4 p. suivantes sont occupées par une épître latine de l'auteur au lecteur et par des vers latins signés de JACQUES DELESTRENS. Dans le titre de ces vers Roussat est appelé « medicus et ecclesiae Lingonensis canonicus. »
Les p. 7 à 10 (fol. A4-A5) contiennent une dédicace « A tres magnanime, puissant et illustre seigneur Joachim de La Baulme, chevalier, lieutenant du Roy nostre sire en ses païs de Bourgogne, etc. »
L'ouvrage de Roussat est devenu célèbre parce que la Révolution française y est annoncée d'une manière beaucoup plus positive que dans une foule d'autres recueils de prophéties ou l'on a voulu y voir des allusions. « Venons à parler, dit-il (p. 162), de la grande et merveilleuse conjonction que messieurs les astrologues disent estre à venir environ les ans de nostre Seigneur mil sept cens octante et neuf, avec dix revolutions saturnales ; et oultre, environ vingt-cinq ans après [1814], sera la quatriéme et derniére station de l'altitudinaire firmament. Toutes ces choses imaginées et calculées, concluent les susdictz astrologues que, si le monde jusques à ce et tel temps dure, qui est à Dieu seul congnu, de tresgrandes, merveilleuses et espouventables mutations et alterations seront en cestuy universel monde, mesmement quant aux sectes et loyx. »
Le titre de ce livre soulève un petit problème bibliographique. Le libraire lyonnais qui l'a publié y est appelé Rouillé. La Monnoye, dans une note sur La Croix du Maine (éd. de 1772, I, 346) fait observer que la même forme Rouillé, avec l'accent aigu, se trouve eu quatre endroits de la Circée de M. Giovan Baptista Gello, mis[e] en françois par le seigneur Du Parc, 1550, pet. in 8 (Cat. Potier, 1870, n° 1499). Tous les autres volumes sortis de la même officine que nous avons eus entre les mains portent Rouille, qu'on doit lire Roville ou Rouville. Les formes Rovillius, Rovillio, ou même Rovigtio, adoptées par le même libraire pour ses publications latines et italiennes, prouvent d'une façon certaine que son nom était bien Roville, et que Rouillé est une faute imputable à l'imprimeur, qui paraît avoir composé en même temps les deux ouvrages que nous avons cités. Voy. sur ce point un article de M. Émile Picot, Revue critique, 1882, II, 93, et un travail de M. le président Baudrier : De l'orthographe du nom de Guillaume Rouville et de quelques autres particularités de sa vie, à propos du livre de M. le Dr Guiraudet, de Tours, sur l'origine de l'imprimerie dans cette ville (Lyon, 1883, in-8).
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