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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Cette pièce, qui n'est pas mentionnée au Manuel du Libraire, se rapporte aux événements de l'année 1585 ; elle se retrouve, du moins, avec la date du mois d'août de cette année, dans le Registre-Journal de Pierre de L'Estoile (nouv. éd., II, 265-279).
Le Catalogue de la bibliothèque de M. Leber (IV, n° 473) mentionne, dans un recueil de 90 pièces manuscrites, un poème intitulé : Coq a l'Asne de Thony sur la Ligue, les Ligueurs et Henry III, attribué, y est-il dit, à PHILIPPE DES PORTES, et accompagné de curieuses notes d'une autre main contemporaine. Selon toute vraisemblance, ce poème se confond avec notre Coq à l'Asne, que l'on devrait ainsi ajouter aux œuvres de l'abbé de Tiron.
Notre édition est, non seulement plus complète que la copie suivie par les nouveaux éditeurs de L'Estoille, elle présente aussi un grand nombre de passages tout différents. Elle débute par un sonnet ainsi conçu :
Au Lecteur. Le pape souffle au chalumeau, Pensant arrondir son eglise ; Pour ce le Ballaffré de Guyse Luy sert d'un almanach nouveau. Le roy d'Espagne est son flambeau, Le Savoyart sa rave aiguyse, Le couillart Lorrain symbolise Pour prendre sa part au gasteau ; Mais le coq n'est point abbatu, Qui L'aube du jour nous annonce. Sus, badauts ! Ce Louvre on enfonce. La Ligue est elle sans vertu ? Messieurs chascun garde sa place, Car vous aurez tantost la farce.
Le texte imprimé suit à peu près le texte recueilli par L'Estoille jusqu'au v. 300, mais la fin est tout autre ; nos 16 derniers vers se retrouvent d'ailleurs dans la Responce du Coq à l'Asne, telle que la donne L'Estoille. Dans la première partie même du poème, notre plaquette fournit d'utiles corrections ; ainsi les v. 6-7 doivent être ainsi rétablis :
Pourtant le roy des Navarrois A failly le petit Brouage.
La Responce est précédée d'un sonnet, comme la première épître. Thony, de qui elle est censée émaner, était un fou célèbre, qui figura successivement à la cour d'Henri II et à celle de Charles IX. Les deux textes offrent pour cette seconde pièce de nombreuses variantes ; nous avons déjà remarqué que la copie de L'Estoille y a introduit les 16 vers qui terminent l'épître d'Arnaud à Thony dans notre plaquette.
L'édition de 1589 se termine par ce quatrain bien connu :
Au temps passé de l'aage d'or, Crosse de bois, evesques d'or ; Maintenant sont changez les loix : Crosses d'or, evesques de bois.
Notre exemplaire provient de la bibliothèque du marquis DE MORANTE (Cat., 2e partie, n° 2524).
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