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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Le titre est imprimé en xylographie. Le v° en est blanc.
Le volume s'ouvre par une sorte de prologue intitulé simplement Le Resolu en mariage :
En ung beau pré verdoyant et poly, Frisque, plaisant, amoureux et joly, Ung jour passé, gaillard m'esjouyssoye...
Ce morceau, dont il existe au moins une édition séparée sous le titre de La Resolution de Ny Trop Tost ny Trop Tard Marié, a été réimprimé par Montaiglon (Recueil de Poésies françoises, III, p. 129-137). Il se compose ici de 29 strophes de 9 vers, tandis que l'édition séparée n'en a que 25. Les 4 strophes finales manquent :
Se vous vouliez impugner et debatre Que mes propos les hommes doient abatre. (fol... A vj v°).
Les derniers vers de l'introduction (fol. B i) sont :
Matheolus du tout veulx debouter. Pour tant qu'il a tousjours blasmé les femmes, Le livre ay fait aux louenges des dames.
Le poème qui, dans les manuscrits, est intitulé Le Livre de leesce, commence ainsi (fol. B i) :
Mes dames, je requiers mercy, A vous me vueil exouser cy...
Vérard, suivant son habitude, a profondément altéré l'ouvrage qu'il donnait au public. Il l'a découpé en fragments qu'il a placés, on ne sait pourquoi, dans un ordre nouveau. L'édition suit le texte primitif jusqu'au v. 96 :
Ses yeux font sa face moullier (fol. B iij),
puis passe au v. 1075 :
Toutesvoyes en espousa une.
L'imprimé reproduit ensuite les manuscrits (sans tenir compte de quelques omissions) jusqu'au v. 2212 :
Toutes femmes l'orrez blasmer (fol. F ij r° in fine),
et reprend au v. 935 (fol. F ij v°) :
Et contre elles se courroucier.
Ce troisième morceau s'arrête au v. 1075 :
Ung hom voult trois femmes avoir (fol. F v).
A la suite vient le v. 97 :
Car il perdit son privilege...,
et l'édition suit les manuscrits jusqu'au v. 292 :
Saige de loix, bel homme et fort (fol. G ij v°).
Au v. 292 succèdent les v. 397-934 :
Sa fille eust sans un mesdisant
(La leçon des manuscrits est : Et qui le fist mu et taisant),
jusqu'à :
Et sa pensee folle et vaine (fol. H v v°).
Le dernier morceau s'étend du vers 2213 :
A ses vices ramentevoir (fol. H v v°)
au v. 3973 :
S'il ne sçait payer la lamproye (fol. O iij).
Les 18 derniers vers du poème :
Mercy, mercy au povre FEVRE Qui plus grant soif seuffre a la levre...
ont été remplacés par 18 vers en partie nouveaux, d'où le nom de l'auteur a disparu (nous imprimons en italiques ceux qui reproduisent à peu près les manuscrits) :
Dames, prenez en gré ce livre Que le Resolu vous delivre, Et ne mettez en nonchalloir Son affection et vouloir. En grant travail et soing et cure Pour vous a fait ceste escripture, Car il sçait bien que a tous les masles Qui portent et bourses et malles Estes soulas, joye et repos. A tant fineray mon propos, Jusqu'a tant que plus sage vienne Qui ceste matiere soustienne ; Si croy je que jamais finee Ne sera ne determinee, Car Venus est l'amour du monde Et avarice est trop parfonde. Icy feray fin a mon œuvre. Moult gaigne qui honneur recœuvre.
En résumé, Vérard a reproduit presque tout le poème primitif ; mais les transpositions, les vers omis ou modifiés le rendent parfois presque inintelligible.
Les vers volontairement supprimés par le libraire parisien sont, outre ceux qui nous révèlent le nom de l'auteur, les v. 293-396, qui ont précisément un grant intérêt historique. Ce sont ceux où l'on trouve les noms de divers parlementaires qui se seraient rendus coupables de bigamie.
Malgré ses altérations, le texte donné par Vérard fut suivi dans les réimpressions postérieures. Cependant, l'édition du poème achevée d'imprimer par Michel Le Noir, le 11 mai 1518, sous le titre de Rebours de Matheolus, édition dont il existe un fac-similé lithographique tiré à quelques exemplaires, débute par un prologue en 94 vers, entièrement différent du nôtre, et dont voici le début :
De femmes sommes tous venus, Autant les gros que les menus ; Pour quoy celluy qui en dit blasme Doit estre repute infame...
Les deux premiers vers sont empruntés au texte même du poème :
Car nous, hommes gros et menus, Sommes tous de femmes venus (v. 517-518 ;
mais le reste est un réquisitoire contre Matheolus dont nous n'avons pas trouvé la source.
L'auteur du Livre de leesce, ou, si l'on veut, du Resolu en mariage, est JEHAN LE FÈVRE, de Ressons-sur-Matz (département de l'Oise), procureur, puis avocat au parlement de Paris et référendaire à la chancellerie sous Charles V, qui avait traduit en vers français le poème latin composé par Matheolus au XIIIe siècle. Le Livre de leesce est plutôt une suite de ce poème qu'une réponse aux attaques dirigées par l'auteur contre les femmes. Le sexe faible y est plus souvent accusé que défendu, et le titre de Rebours, ou Contredit de Matheolus qui lui a été donné, est tout à fait trompeur.
M. A. G. van Hamel, à qui nous devons une excellente édition des Lamentations de Matheolus et du Livre de leesce, a donné une liste des manuscrits, à laquelle nous ne pouvons ajouter que le manuscrit de la Bibliothèque de Carpentras n° 372. Les autres ouvrages connus de Jehan Le Fèvre sont : la traduction des Dits du Pseudo-Caton, dont nous avons décrit deux manuscrits dans les notices Rothschild 2755 et 2777 ; la traduction d'une églogue de Théodolet (Biblioth. nat. ms. Français 572, fol. 112) ; la traduction de la Vetula, considérée au moyen âge comme une œuvre d'Ovide (Biblioth. nat., ms, Français 881, fol. 1) ; enfin Le Respit de la mort, qui est daté de 1376.
Notre exemplaire du Resolu en mariage est imprimé sur VÉLIN, et les 32 figures sur bois dont il est orné sont soigneusement enluminées. Van Praet ne cite dans son Catalogue des livres imprimés sur vélin aucun exemplaire de cet ouvrage.
Des bibliothèques du BARON DE LA ROCHE-LACARELLE (Cat., 1888, n° 145) et du COMTE DE LIGNEROLLES (Cat., 1894, n° 857).
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