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Identifiant Biblissima+ : https://data.biblissima.fr/entity/Q337727
Source des données : BnF Archives et manuscrits
Les f. lim. comprennent : le titre ; une épître d'Armand « A monseigneur l'eminentissime cardinal de Richelieu », et l'Extraict du privilége.
Le privilège, daté du 5 septembre 1631, est accordé pour six ans à N. Traboulliet.
Le chevalier Isaac de Razilly, premier capitaine de l'amirauté de France, avait fait, dès l'année 1624, une rapide apparition sur les côtes du Maroc. Il y retourna en 1629, avec MM. de La Touche et Trillebois, les chevaliers de Jallesmes, de Guitaut, et Des Roches ; il visita la rade de Salé, apprit que plusieurs Français étaient retenus comme esclaves dans les environs, mais fut contraint par le mauvais temps de rentrer en France avant d'avoir achevé son exploration. Il obtint du roi l'autorisation de la reprendre l'année suivante. Il partit de l'île de Ré, le 20 juin 1630, avec trois navires : La Licorne, sur laquelle il avait arboré son pavillon, La Renommée, commandée par le vice-amiral Du Chalard, et une patache dirigée par M. Palot.
Le 23 juin, l'expédition jeta l'ancre dans la rade de Salé. Les corsaires marocains eurent quelques velléités de résistance, mais ils se décidèrent à traiter et à libérer les esclaves.
Le 27 août, Razilly quitta Salé pour rendre dans la baie d'Azaffy, où il comptait trouver la réponse du roi du Maroc aux lettres qu'il lui avait adressées. Il y resta jusqu'au 12 octobre, sans obtenir de réponse, et ne put parvenir à délivrer deux esclaves qui étaient encore à Maroc : un pilote nommé Paul Imbert et un certain Guiton. Des tempêtes l'obligèrent au retour ; il mit à la voile pour la France et débarqua dans l'île de Ré, le 25 novembre 1630.
L'expédition n'avait pas été inutile. Un grand nombre d'esclaves avaient été rendus à la liberté et un consul français avait été installé à Salé. Le journal même de M. de Razilly a été résumé par l'auteur de la relation que nous venons d'analyser. Le récit de l'expédition est suivi d'une description du Maroc. « Cette pièce, est-il dit, p. 104, doit quelque chose aux observations d'Armand Mustapha, Turc de nation, qui, après avoir ve[c]u et hanté long temps parmy les Mores, et pour estre encore plein de vie, faisant profession de la religion catholique et enseignant dans ceste ville de Paris les langues étrangéres, peut comme tesmoing oculaire rendre raison d'une partie de ce qui s'y trouvera couché par escrit ».
Nous ignorons par qui fut rédigé la relation du voyage de M. de Razilly. L'auteur dit à la fin qu'il prépare « une piéce sur un semblable sujet, plus digne de leur curiosité, plus elabourée, avec un meilleur ordre et avec des recherches capables de contenter les esprits des plus délicats ». L'auteur est peut-être Pierre Bergeron, qui avait publié en 1630 l'Histoire de la premiére descouverte des Canaries (numéro Rothschild 1942) et qui donna, en 1634, la Relation des voyages en Tartarie (numéro Rothschild 1935). On remarquera que le plan suivi dans notre petit volume est le même que le plan suivi par Bergeron dans les deux autres ouvrages : d'abord la relation d'un voyage, puis un résumé de tout ce que disent les auteurs relativement au pays parcouru par le voyageur.
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