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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Le titre est orné d'un curieux bois dont nous donnons la reproduction :
Le v° du titre et les 3 autres f. du cahier ✠ sont occupés par la table et par une épître de MONTALBODDO FRACANZANO, « al suo amicissimo Joanne Maria Anzolcilo, Vicentino ». L'auteur dit dans cette épître qu'on ne devra plus accuser Pline de mensonge, quand il raconte des choses extraordinaires ; qu'en effet, les derniers voyageurs ont vu des merveilles encore bien plus grandes que celles dont il parle. Cependant, leurs relations sont encore peu connues, parce que, au lieu d'être écrites en beau latin, elles ont été rédigées en langue vulgaire et en portugais (in rude parlar vulgare et portogallese lingua). Fracanzio da Monte-Alboddo a voulu, en conséquence, publier ces voyages, et il les a dédiés à son ami Anzolcilo qui, ayant parcouru presque toute l'Europe et une grande partie de l'Asie, sera moins surpris des choses singulières qui y sont rapportées.
Après une déclaration aussi précise, on comprend mal que le comte Baldelli ait attribué les Paesi au cartographe vénitien Alessandro Zorzi (voy. Harrisse, Biblioth. americ. vet., p. 186). Zorzi n'a fait que compiler le recueil de la Magliabecchienne, recueil composé d'un exemplaire imprimé des Paesi et de diverses pièces manuscrites.
L'ouvrage de Fracanzio, dont nous avons ici la seconde édition (la première est datée de Vicence, le 3 novembre 1507), est divisé en six parties et compte 143 chapitres, savoir :
1° El Libro dela prima Navigatione per l'Occeano ale terre de Nigri de la bassa Ethiopia, per comandamento del illustr. signor infante don Hurich, fratello de don Dourth, re de Portogallo (fol. ai-giij, v°).
Cette première partie, qui forme les chapitres I-XLVII, contient le voyage de Luis Ca da Mosto au Cap Vert et au Sénégal, exécuté du 8 août 1454 au mois de juin 1455.
2° Libro secundo dela Navigatione de Lisbona a Callichut, de lingua portogallese in taliana (fol. giij, v°-kij, v°).
Voyage de Pedro de Cintra au Sénégal, en 1462 (chapitres XLVIII-L). La relation a été écrite par Luis Ca da Mosto sous la dictée du secrétaire de Pedro. A la suite est raconté le premier voyage de Vasco da Gama (8 juillet 1497-10 juillet 1500), qui occupe les chapitrés LI-LXI) : puis vient le voyage de Pedro Alvarez Cabral (9 mars 1500-juillet 1501), qui est decrit dans les chapitres LXII-LXX.
3° Libro terzo dela Navigatione de Lisbona a Calichut, de lengua portogallese in taliana (fol. kij, v°-miij, v°).
Suite du voyage de Pedro Álvarez Cabral (ch. LXXI-LXXXIII).
4° La Navigatione del re de Castiglia dele isole et paesi novamente retrovate (fol. miij, v°-qij, v°).
Les chapitres LXXXIV-CVIII contiennent les trois premiers voyages de Colomb ; les chapitres CIX-CXI sont consacrés au voyage d'Alonzo Niño. que l'auteur italien appelle Negro, et les chapitres CXII-CXIIII, au voyage des frères Pinzon.
5° El Novo Mondo, de lingua spagnola interpretato in idioma ro[mano] (fol. qij, v°-riij, v°).
Relation du troisième voyage de Vespuce. Quoi que dise le titre, la traduction n'a probablement pas été faite sur un texte espagnol, mais sur le texte latin du Mundus novus. On en jugera par le début des deux versions :
Mundus novus
Albericus Vespucius Laurentio Petri [Francisci] de Medicis salutem plurimam dicit.
Superioribus diebus satis ample tibi scripsi de reditu meo ab novis illis regionibus quas et classe et impensis et mandato istius serenissimi Portugalie regis perquisivimus et invenimus, quas que Novum Mundum appellare licet, quando apud majores nostros nulla de ipsis fuerit habita cognitio et audientibus omnibus sit novissima res. Etenim hec opinionem nostrorum antiquorum excedit, cum illorum mąjor pars dicat ultra lineam equinoctialem versus meridiem non esse continentem, sed mare tantum quod Atlanticum vocavere. Et si qui eorum [éd. décrite sous le numéro Rothschild 1948 : earum] continentem ibi esse affirmaverunt, eam esse terram habitabilem multis rationibus negaverunt. Sed hanc eorum opinionem esse falsam et veritati omnimo contrariam hec mea ultima navigatio declaravit, cum in partibus illis meridianis continentem invonerim frequentioribus populis et animalibus habitatam quam nostram Europam, seu Aslam, vel Affricam, et insuper aerem magis temperatum et amenum quam in quavis alia regione a nobis cognita, prout inferius intellig s....
Paesi novamente retrovati.
Alberico Vesputio a Lorenzo Patre [sic] de Medici salutem.
A li passati zorni assai amplamente te scrissi de la mia retornata de quelll novi paesi, i quali et con l'armata et con le spese et comandamento de questo serenissimo re de Portogallo havemo cercato et retrovato, il quale Novo Mondo chia mare n'è stato licito, perchè apresso de li mazori nostri niuna de quelli è stata havuta cognitione, et a tuti quelli che aldiranno sera novissima cosa, imperechè questo la oppinione de li nostri antiqui excede ; conclosia che de quelli la mazor parte dica, ultra la linea equinotiale et verso el mezo zorno, non esser continente, ma el mare solamante, el qual Atlantico hanno chiamato. E si qualche uno de quelle [lis. quelli] continentie li esser hanno affirmato, quella esser terza habitabile per molte rasone hanno negato. Ma questa sua oppinion esser falsa et a la verità in ogni modo contraria, in questa mia ultima navigatione he dechiarato ; conciosia che in quelle parte meridionale nel continente io habia retrovato de più frequenti populi et animali habitata [sic] de la nostra Europa, o vero Asia, o vero Affrica, et ancora l'aere più temperato et ameno che in niuma altra regione da nui cognosciute, come de sotto intenderai....
Nous reproduisons également le dernier paragraphe :
Ex italica in latinam linguam Jocundus interpres hanc epistolam vertit ut Latini omnes intelligant quam multa miranda in dies reperiantur et eorum comprimatur audatia qui celum et majestatem scrutari et plus sapere quam liceat sapere volunt, quando a tanto tempore quo mundus cepit ignota sit vastitas terre et que contineantur in ea. Laus Deo.
De spagnola in lengna ro[mana] el Jocondo interprete questa epistola ha traducta, aciô che i Latini intendono quante mirande cose a la zornata se ritrovano et de quelli se abasseno l'audatia, i quali el cielo et la maestà retrovare et sapere più che non è licito de sapere voleno, quando da tanto tempo che'l mondo è scomenzato non sia retrovata la grandeza de la terra et quello che in quella se contiene.
Le texte italien contient les mêmes figures que les éditions du Mundus novus publiées en Italie.
6° Le Cose da Calichut, conforme ala navigatione de Pedro Aliares nel ij. et iij. libro, lequale se hanno verissime per le copie de alcune littere secundo l'ordine de li millessimi in questo ultimo racolte (fol. riij. v°-uiij, v°).
Cette 6e partie se compose de pièces détachées : 1° Lettre de CRITICO, nonce vénitien en Portugal, datée du 27 juin 1501 et relative au voyage de Cabral (chapitre CXXV) ; — 2° Lettre de PIETRO PASQUALIGO, orateur vénitien en Portugal [lis. en Castille], datée du 19 octobre 1501, et relative au premier voyage de Cortereal (chapitre CXXV[I]) ; — 3° Lettre de FRANCESCO DE LA SAITA, de Crémone, adressée, de Lisbonne, à Pietro Pasqualigo, en Espagne, le 16 septembre 1502, et relative à l'expédition de Joaõ de Nova aux Indes orientales (chapitre CXXVII) ; — 4° Lettre adressée par des marchands espagnols à leurs correspondants de Florence et de Venise au sujet d'un traité de paix conclu entre le roi de Portugal et le roi de Calicut (chapitre CXXVIII) ; — 5° L'Indien Joseph vient en Portugal et le roi le fait accompagner à Rome et à Venise (chapitres CXXIX-CXXX) ; — 6° Description de Carangonor et de Calicut (chapitres CXXXI-CXLIII).
Le volume se termine par la souscription reproduite ci-dessus, par la liste des cahiers et par la marque des imprimeurs (Melzi, Fac-simile, tav. VIII)
Harrisse, Biblioth. americ. vetust., n° 55.
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