Paris. Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Rothschild 137 [V, 4, 99]

  • Titre attesté :
    • ¶ LE CHEMĨ d' || lospital/ [et] ceulx qui en sõt || possesseurs. S. l. n. d., pet. in-8 goth. de 8 f. de 25 lignes à la page pleine, sign. A, mar. r. jans., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet.)
  • Autre libellé du document :
    • Paris. Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Rothschild 137 [V, 4, 99]
    • Paris. BnF, Rothschild 137 [V, 4, 99]
  • Conservé à : Paris. Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits
  • Langues : français

Présentation du contenu

Source des données : BnF Archives et manuscrits

  • Le Chemin de l'Ospital est une satire morale, composée par ROBERT DE BALZAC, seigneur d'Entragues et de Saint-Amand, sénéchal de Gascogne et d'Agénais, gouverneur de Pise pour Charles VIII. L'auteur y fait une longue énumération des gens qui, placés dans toutes les conditions de la vie sociale, arrivent à la ruine par leurs prodigalités et leurs folies.

    Cette pièce paraît avoir eu une grande vogue vers la fin du XVe siècle et au commencement du XVIe. Pierre Gringore s'en est sans doute inspiré dans les Abus du Monde ; Le Catholicon des Maladvisez, de Laurens Des Moulins, n'en est qu'une amplification poétique ; enfin, D'Adonville, dans ses Regretz et Peines des Maladvisez et dans ses Moyens d'eviter merencolie (Montaiglon et Rothschild, Recueil de Poésies françaises, II, 42-76 ; XII, 327-330) s'est borné à la mettre en rimes. Non-seulement il a suivi pas à pas son modèle, mais il en a reproduit textuellement certains passages, comme il l'a fait dans l'Honneur des Nobles, copie en vers du Blason des Couleurs, de Sicile (Recueil de Poésies françaises, XIII, 68-108, 428). Il est curieux de comparer le début de l'original avec celui des deux paraphrases :

    LE CHEMIN DE L'OSPITAL.

    1. Ceulx qui ont petit et despendent beaucoup ;
    2. Gens qui jouent voulentiers et perdent souvent ;
    3. Gens qui n'ont pas grans prises ne rentes et portent draps de soye et chiers habillemens ;
    4. Vieulx gens d'armes qui ont gaudy leur jeunesse...


    Voici maintenant les textes de D'Adonville :
    Moyens d'eviter merencolie
    RAISON

    Toy qui as peu de revenu,
    Peu te fault faire de despence ;
    Aultrement pour fol seras tenu ;
    Entens mes dictz et bien y pence,
    Aultrement auras recompense ;
    Si meilleure la veulx avoir,
    D'honneur n'es digne ny d'avoir.


    II.

    Toy qui au jeu es maleureux,
    De plus jouer donne toi garde ;
    Cy tu veulx estre bien eureux,
    Il fault que ton cas tu regarde ;
    De ce faict, te pri (e), te retarde.
    Cy veulx estre riche et joyeulx,
    Applique toy a aultres jeulx.


    III

    Toy qui n'as grans prises ne rentes
    Et t'abille de drap de soye,
    Ce sont raisons mal aparentes ;
    De toy enrichir n'est la voye ;
    Je te supply (e), ne te desvoye ;
    Par habillemens dissoluz
    Ensuyt l'estat des resoluz.


    IIII.

    Toy aussi qu'es jeune gendarme,
    Guyder te convient ta jeunesse,
    Tant que par vertu et par arme
    El (le) puisse nourrir ta vieillesse,
    En sorte qu'en joye et lyesse
    El (le) puisse bien finir ses jours.
    Cela te viendra a ces jours.


    Regretz et Peines des Maladvisez
    LE PREMIER commence

    Moy qui suis ung povre gallant
    Que au temps passé avoye du bien,
    Je l'ay despendu follement
    Et maintenant je n'ay plus rien
    Or me convient mourir de fain
    Par mon meschant gouvernement,
    Ainsi en va communement.


    LE SECOND

    Et moy, qui estoye ung joueur,
    J'ai tant joué qu'ay tout perdu,
    Dont j'ay acquis grant deshonneur,
    Mais j'estoye de sens despourveu ;
    Je croy que jamais ne fut veu
    Homme a jouer tant obstiné ;
    Maintenant j'en suis diffamé.


    LE TIERS

    Et moy, qui pour ung peu de rente
    Portoye le velours et la soye,
    Il m'a fallu tout mettre en vente ;
    Orgueil m'a osté toute joye.
    Jamais je n'euz d'argent montjoye,
    Et si me suis autant gorré
    Com (me) si j'eusse esté bien fondé.


    LE QUART

    Et moy, qui suis un beau gendarme.
    Durant qu'estoye en ma jeunesse,
    Des biens que avoye sur mon ame
    J'en ay faict par trop grant largesse.
    A present je suis en vieillesse
    Et ne puis plus en guerre aller,
    La bezace me fault porter.


    Le Chemin de l'Ospital a été réimprimé par M. Allut dans son Étude biographique et bibliographique sur Symphorien Champier (Lyon, 1859, in-8), 119-126.

    Notre édition, qui donne un texte different de celui qu'a reproduit M. Allut, a dû être exécutée vers 1525, elle porte au titre un bois dont voici la reproduction :

    Le v° du dernier f. contient un bois qui représente Aristote et Alexandre :

Intervenant

Sujets et thèmes

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  • Sciences et arts — Sciences philosophiques — Morale (Moralistes anciens et modernes)
    Adonville (Jacques d') -- Regretz et Peines des maladvisez, cités
    Adonville (Jacques d') -- cités
    Balsac (Robert de), seigneur d'Entragues -- Le Chemin de l'ospital (v. 1525)
    Chemin (Le) de l'ospital (v. 1520)
    Des Moulins (Laurens) -- Le Catholicon des maladvisez, cité
    Des Moulins (Laurens) -- L'Honneur des nobles, cité
    Gringore (Pierre) -- Les Abus du monde, cités
    Sicile (Le héraut) -- Blason des couleurs, cité
    Trautz-Bauzonnet (Georges), relieur à Paris

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