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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Le titre, dont le verso est blauc, est orné d'un bois représentant Noble Cueur et Noblesse Feminine. Le premier de ces personnages tient à la main un cœur qu'il présente à la dame :
Le texte contient, en outre, 21 bois ainsi placés : 1° (fol. aij, r°) l'acteur endormi ; — 2° (fol. aiiij, r°) le levrier magique vient trouver l'acteur ; — 3° (fol. avj, v°) Noblesse Feminine et Noble Cueur se tiennent embrassés ; — 4° (fol. cv, r°) Noblesse Feminine et Noble Cueur en présence de Nature ; — 5° (fol. ei, r°) même bois ; — 6° (fo. eij, v°) Noblesse Feminine se complaint à Nature ; — 7° (fol. fij, r°) le bois n° 4 ; — 8° (fol. gi, v°) Nature parle à Noble Cueur ; — 9° (fol. giiij, r°) Nature mène Noblesse Feminine et Noble Cueur à la fontaine mystérieuse ; — 10° (fol. gvj, r°) Nature parle à Noble Cueur, bois différent du n° 8 ; — 11° (fol. ivj, r°) bois n° 8 ; — 12° (fol. ivij, v°) même bois ; — 13° (fol. ki, v°) Noble Cueur prend congé de Noblesse Feminine ; — 14° (fol. kij, v°) la statue portant l'inscription merveilleuse ; — 15° (fol. li, r°) Noble Cueur à genoux devant L'autel de la Vierge ; — 16° (fol. lv, r°) Noble Cueur, à cheval, frappe sur l'inscription de la statue merveilleuse. — Le piédestal porte le nom de François Oudet, qui est sans doute celui du graveur ; — 17° (fol. lviij, r°) Noble Cueur confond Cueur Vilain et Malle Bouche ; — 18° (fol. piij, v°) même bois ; — 19° (fol. pv, v°) Noble Cueur tue Malle Bouche ; — 20° (fol. qij, v°) Noble Cueur s'agenouille devant L'autel de la Vierge, bois différent de celui du fol. li, r° ; — 21° (fol. ri, v°) bois n° 15 ; — 22° (fol. rv, r°) bois n° 2.
Le Chevalier aux Dames est un des nombreux poèmes composés pour défendre les femmes contre les attaques du Romant de la Rose ; il doit être placé à côté du Champion des Dames, de Martin Franc, du Triomphe de la cité des Dames, de Christine de Pisan, de la Vray disant Advocate des Dames, de Jehan Marot, etc. L'auteur du Chevalier a choisi la forme du songe et de l'allégorie si chère aux poètes du XVe siècle. Il raconte qu'une fée lui a ordonné de prendre « de l'aincre et de la parche » et de pénétrer dans des lieux inconnus aux humains. Conduit par un levrier magique, il aborde dans l'île du Secret, où il rencontre Noblesse Feminine et Noble Cueur. Ces deux personnages discourent longuement sur l'amour. Noblesse Feminine mène Noble Cueur vers dame Nature et se plaint des attaques dirigées contre elle chaque jour ; elle conduit ensuite le même personnage dans un lieu où il ne voit qu'un arbre fleuri à deux branches et une fontaine d'eau noire. Après lui avoir expliqué le sens de cette allégorie, elle l'excite à venger Noblesse Feminine. Noble Cueur se met aussitôt en route et arrive dans une île où il aperçoit une statue. Une inscription jointe à la statue lui apprend que l'île est habitée par deux géants exilés, Cueur Vilain et Malle Bouche. Noble Cueur frappe la statue de son épée et voit surgir les deux géants, qu'il défait. La Vierge lui apparaît et le félicite de son courage. Le levrier rapporte le poète sur son lit, et la vision disparaît.
On ignore le nom de l'auteur du Chevalier aux Dames, mais ce poème, dont nous signalerons un ms. à la Bibliothèque nationale (mss. Français 1692), paraît avoir eu un certain succès. Un morceau coupé dans le plaidoyer de Noble Cueur devint populaire et fut reproduit un grand nombre de fois sous le titre de Louenge des Dames (voy. Rothschild 567) ; enfin, il fut fait un abrégé du poème, intitulé : Le Garant des Dames contre les calomniateurs de la noblesse feminine (Biblioth. nat., Y + 6137, Rés.). Cette dernière pièce, qui compte 4003 vers, commence comme le Chevalier aux Dames :
Pensif et aggravé de dueil, Loingtain de tout confort et joye...,
et s'arrête après la Louange des Dames. Voy. Bulletin de la librairie Morgand et Fatout, n° 7523.
L'imprimeur Gaspard Hochfeder avait d'abord exercé à Nuremberg, où il imprimait dès l'année 1492 (Hain, n° 1134) ; il s'établit à Metz vers l'année 1500, et continua d'y exercer jusqu'en 1517.
Exemplaire de YEMENIZ (Cat., n° 1653) et de M. A.-F. DIDOT (1878, n°216).
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