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Manifeste IIIF
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription - Epitaphe d'un abbé.
Lieu de conservation - On ignore l'emplacement primitif de l'inscription dans l'église.
Elle fut remise à la Société des Antiquaires de l'Ouest avant 1844.
Support et dimensions - Pierre de 35 x 20,5cm. Epaisseur: 8,5 cm. Champ épigraphique : 26 cm (1. 1); 28,5 cm (tranche). Hauteur des lettres: de 1,7 à 2 cm.
Transcription - 1. ANNO DOMINICAE INCARNA-
2. TIONIS MILLESIMO : C : OBIIT LETBALDVS
3. HVIVS MONASTERII ABBAS • III •
4. QVOD • IIII ANNIS : MENSIBVS VII •
5. STRENVE REXIT ET IN PA-
6. CE VITAM FINIVIT
Sur la tranche:
7. SANCTISIMVS CLVNIENSIVM ABBAS
8. HVGO • HVIVS AVVNCVLVS
9. FVIT •
Traduction - L'an de l' Incarnation du Seigneur 1100,
mourut Letbaldus, troisième abbé de ce monastère.
Il le dirigea avec autorité quatre ans et sept mois,
et finit sa vie en paix.
Hugues, le très saint abbé de Cluny, fut son oncle.
Remarques paléographiques - Pierre préalablement réglée. Ecriture irrégulière. L'ensemble offre un aspect peu soigné, dû à l'extrême dureté de la pierre. Ponctuation: un ou deux points séparent les différents chiffres du texte principal. Sur la tranche, un point médian après le nom et à la fin du texte. Certaines conjonctions de lettres se font entre les hastes et les obliques, ainsi dans incarnatione (1. 1), dominicae (1. 1) et abbas (1. 3). Lettres onciales variées: E (1. 5, 6), M (1. 2, 3, 4, 7), H (1. 8), V (1. 7, 8, 9).
Remarques linguistiques - Emploi de la diphtongue. La forme cluniensium est sans doute une erreur imputable au graveur, car elle ne se retrouve jamais dans les chartes de Cluny. L'adjectif sanctissimus, appliqué à l'abbé Hugues, a déjà été rencontré dans l'épitaphe de Vitalis.
Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules - La formule finire vitam n'apparaît pas avant 1100 dans les inscriptions de la région. Le numéro d'ordre de l'abbé, de même que la durée de sa charge, est indiqué selon un formulaire rencontré à plusieurs reprises.
Commentaire historique et datation - La chronique du moine Martin apporte quelques précisions sur l'abbé Letbaldus, dont le nom est orthographié Lethaldus[*]. L'abbé de Cluny, Hugues, était son oncle paternel: "Et ipse a Cluniaco directus, a predicto domno Hugone, cujus eciam nepos ex sorore fuerat". L'annaliste ajoute: "Fuerat et ipse satis industrius et ad meliorandam ecclesiam modo quo poterat paratus". Le moine Martin ne précise pas la durée de son abbatiat: "Nec hic multum vixit, nisi annos quinque, menses (blanc) et dies (blanc)", mais déclare qu'il mourut "VIII° idus marcii, anno dominice Incarnationis millesimo C° primo, indictione IXa, epacta XVIIIa, concurrente I°",
ce qui représente un an de différence avec la date portée sur l'épitaphe. L'erreur est d'ailleurs imputable à celle-ci, puisque la chronique nous apprend que le successeur de Letbaldus, l'abbé Marc, fut intronisé "VI° idus junii, et die sequenti que fuit Penthecostes... benedicitur". Or, la Pentecôte tombait le 9 juin (soit le 5 des ides) en 1101 et non en 1100. Pour la durée de l'abbatiat, il faut davantage se fier, en revanche, à l'épitaphe, puisque l'on sait que l'abbé Geraldus, prédécesseur de Letbaldus, mourut le 16 juin 1096. Le décompte de la durée de sa charge, telle que la mentionne l'inscription, permet de situer son intronisation en août 1096, tandis que si l'on se fie au moine Martin, il faut la faire remonter avant mars 1096, et admettre en conséquence que l'abbé Geraldus se démit de ses fonctions avant son décès.
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