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Identifiant Biblissima+ : https://data.biblissima.fr/entity/Q431369
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription — Inscription campanaire.
Lieu de conservation, Support et dimensions — Ce texte était gravé sur une cloche de bronze, en 1277.
Transcription — Cité d'après Audiat :
AD MENTEM SANCTAM SPONTANEAM,
HONOREM DEI ET PATRIE LIBERATIONEM. 1227.
Traduction — Pour une âme sainte, généreuse,
l'honneur de Dieu et la délivrance du pays. 1227.
Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules — La source de cette inscription se trouve dans les Actes de la vie de sainte Agathe, vierge martyre de Catane, au milieu du IIIe s. Au moment de clore son tombeau, un jeune homme, que l'on croît être un ange, apporte une tablette sur laquelle étaient gravés ces mots : At enim quae in tabella, quam angelus intra S. Agathae sarcophagum recondidit, inscripta dicuntur non nisi hoc litterarum compendio expressa fuisse : M.S.S.H.D.E.P.L. Atque et cives Catanenses et accolae pagani intellexerunt "mentem sanctam spontaneam honorem Dei et patriae liberationem" significari[*]. L'hymne Adesto plebs fidissima, attribuée à Isidore de Séville, fait également allusion à cet épisode : Mox namque clarus juvenis, tabellam scriptam deferens, mente sancta pronuntians defensionem patriae[*]. Jacques de Voragine, dans la Légende dorée, développe timidement l'épitaphe apportée par l'ange : "Ac postea angelicam tabellam in ejus sepulchro positam, ita exponit : Mentem sanctam habuit, spontaneam se obtulit honorem Deo dedit, et patriae liberationem fecit[*]. Guillaume Durand, évêque de Mende au XIIIe s., écrit à propos de la Vie de sainte Agathe[*]: Beata Agatha post multa tormenta in carcere mortua est : ad cujus caput in tumulo posita est visibiliter tabula per angeli ministerium in qua scriptum est : Mentem sanctam spontaneam, honorem Deo et patriae liberationem. Ideoque consuetudo inolevit, cum tabula ejus imaginem continente fieri processionem.
Commentaire historique et datation — Si la source de cette inscription est assez aisée à identifier, bien plus délicat est d'expliquer pourquoi cette formule se trouve gravée sur un très grand nombre de cloches à partir du début du XIIIe s. En effet, sur deux cent cinquante et une inscriptions campanaires médiévales, relevées jusqu'ici sur l'ensemble du territoire, quarante-deux contiennent cette formule (dont deux du XVe s. en Charente-Maritime)[*]qui fut également inscrite sur une statue de sainte Agathe et sur deux anneaux cabalistiques[*]. Eudes de Châteauroux, évêque de Tusculum au XIIIe s., consacra tout un sermon à commenter l'épitaphe de sainte Agathe, mais ne fit nullement allusion à cette coutume[*]. Les recherches effectuées pour trouver la raison de la vogue de cette formule dans l'épigraphie campanaire n'ont pas encore abouti. La date de 1227 que rapporte Audiat ne saurait être acceptée sans de sérieuses réserves. A cette époque elle n'était certainement pas gravée en chiffres arabes. En outre, l'ancien hôtel de ville n'était pas encore édifié à cette date et aucun des documents publiés dans les Archives de la Saintonge et de l'Aunis ne fait mention de cette inscription[*]. Néanmoins la formule Mentem sanctam... fut gravée sur des cloches avant la date attribuée par Audiat à celle de Saint-Jean-d'Angély[*].
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