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Identifiant Biblissima+ : https://data.biblissima.fr/entity/Q342826
Source des données : BnF Archives et manuscrits
Contient : P. [I]. Page de titre : « Gebether unter dem heiligsten Meß Opffer. » P. 1-2. « Zu dem Anfang der heiligen Meß. » P. 3-4. « Auffopfferung der heiligen Meß. » P. 5-6. « Zu dem Kyrie eleïson. » P. 7-8. « Zu dem Gloria und nachfolgenden Gebethern. » P. 9-10. « Zu dem Evangelio und Credo. » P. 11-12. « Zu dem Offertorio. » P. 13-14. « Zur Praefation Sprich mit dem Priester. » P. 15-16. « Zu Auffhebung der heiligen Hostiae und des Kelchs. » P. 17-18. « Zu dem Memento. » P. 19-20. « Zu dem Pater noster. » P. 21-22. « Zu dem Agnus Dei und Communion. » P. 23-24. « Vor End der heiligen Meß. » P. 25-26. « Gebeth zu der H. Mutter Gottes Maria. » P. 27-28. « Gebeth zu dem heiligen Joseph. » P. 29-30. « Gebeth zu der heiligen Anna. » P. 31-32. « Gebeth zu dem H. Schutz Engel. » P. 33-34. « Gebeth zu der heiligen Amalia. » P. 35-36. « Gebeth zu dem H. Francisco Xaverio. » P. 37-38. « Gebeth zu dem H. Joanni Nepomuceno. » P. 39-44. « Die Lauretanische Litaneii. »
La prière à sainte Amélie (p. 33-34) est adressée à la sainte patronne de la destinataire : « ich als meine Patroninben Gott.... ». La miniature correspondante montre la sainte coiffée d‘un diadème, parée à la fois des attributs de la virginité que sont le voile et le lys, et de l’habit princier que constituent le manteau pourpre doublé d’hermine et le bonnet d’électeur (p. 32 ter). Ces insignes se retrouvent dans les portraits contemporains d’épouse ou de fille de prince électeur, tels que ceux réalisés par Martin van Meytens II (1695-1770) à la cour d'Autriche ou ceux exécutés par Louis de Silvestre (1675-1760) à la cour de Saxe (Martin van Meytens der Jüngere, catalogue d'exposition [Vienne, Winterpalais des Belvedere], Vienne, 2014 ; Harald MARX, Die Gemälde des Louis de Silvestre, Dresde, 1975). Le bonnet est posé sur une table couverte d’un drap bleu à motif doré de lauriers encadrant deux poissons. Ils pourraient être une allusion aux esturgeons qui, selon la légende, auraient escorté sainte Amélie ou ses reliques lors d’une traversée (Biographie nationale de Belgique, I, 1866, p. 259-260). La représentation de la sainte précède, dans le volume, celles de saint François-Xavier (p. 34 ter) et de saint Jean Népomucène (p. 36 ter). Le culte de ce dernier, prêtre et martyr canonisé en 1729, est emblématique de la Contre-réforme catholique en Bohême et dans l’ensemble de l’Empire. Compte tenu de l’histoire du manuscrit, entré à la Bibliothèque royale avec plusieurs volumes de provenance espagnole ayant appartenu à Joseph Bonaparte, on peut avancer qu'il fut peut-être exécuté pour Marie-Amélie de Saxe (1724-1760), fille du prince électeur Auguste III de Pologne (1696-1793) et de l’archiduchesse Marie-Josèphe d'Autriche (1699-1757). Elle épousa, en 1738, Charles III d'Espagne (1716-1788), roi de Naples, de Sicile puis d’Espagne. Deux des fils du couple royal reçurent les prénoms des saints masculins représentés dans le manuscrit : Carlos Antonio Pascual Francisco Javier Juan Nepomuceno Jose Januario Serafin Diego, le futur Charles IV (1748-1819), et François Xavier de Bourbon (1757-1771).
À l’angle supérieur gauche de la feuille de garde, l’estampille « J. B. Grand Electeur » indique que le manuscrit fut la propriété de Joseph Bonaparte (1768-1844), nommé Grand Électeur de l’Empire par Napoléon Ier le 18 mai 1804.
Il fut acquis par la Bibliothèque royale le 18 février 1828 d'un certain M. Fergusson, anglais, avec quatre autres manuscrits et pour la somme globale de mille francs (BnF, Manuscrits, Archives Modernes, 492 ter, 1821-1830, f. 206). Parmi les autres pièces du lot ont été identifiées les Heures de Frédéric III d’Aragon (ms. Latin 10532) et les Heures dites de Joseph Bonaparte (ms. Latin 10538). Le premier de ces deux manuscrits aurait appartenu, au cours de son histoire, à un établissement religieux espagnol. Les gardes et contregardes anciennes de sa reliure furent changées lors d’une restauration postérieure, éliminant toute trace d’estampille. Mais le registre d’entrées de la Bibliothèque nationale de France témoigne de sa provenance : « Ce manuscrit, qui est de la plus grande beauté, est orné de 64 miniatures exécutées avec la plus rare perfection. Il porte l'estampille du cabinet ou bibliothèque de Joseph Bonaparte, roi d'Espagne, à qui il a appartenu » (Archives Modernes, 492 ter, f. 206). Le second manuscrit est relié aux armes de Philippe V d'Espagne et porte toujours l’estampille « J. B. Grand Electeur ». Ces ouvrages, dont Joseph Bonaparte a pu se saisir lors de son règne espagnol (1808-1813), seraient passés entre des mains anglaises après la défaite de Vitoria, le 21 juin 1813.
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