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IIIF Manifest
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Data Source: BnF Archives et manuscrits
Voir ici la reproduction du titre :
Au v° du titre est le texte de la requête adressée au prévôt de Paris par le poète, JACQUES DE LA HOGUE, sergent à cheval au châtelet de Paris, et le texte de la permission accordée pour deux ans audit suppliant, le 5 octobre 1535.
Le titre de départ (fol. a ij) est ainsi conçu :
¶ Le liure de Facet trãslate de latin en || francoys. Et mys en forme de rheto || rique par Iaques de la Hogue sergent || a cheual au chastellet de Paris. Conte || nant plusieurs instructions vtilles & || proffitables pour ieunes enfans.
Le poème ainsi traduit remonte au XIIe ou au XIIIe siècle et paraît être l'oeuvre d'un Saxon, Reisserius Alemannicus. Il fit partie à la fin du XVe, de la collection des Auctores octo. Cette collection comprenait les ouvrages suivants : Cato, Facetus, Theodolus, De contemptu mundi, Floretus, Alanus, Esopus, Tobias. Le Facetus fut aussi fréquemment imprimé à part. Cette diffusion explique que Jacques de La Hogue ait eu l'idée de traduire une composition qui avait déjà été mise en français. La première traduction, qui paraît être du commencement du XVe siècle, commence ainsi :
Chaton, qui fut moult saiges homme [lis-hons], Du quel (plusieurs) enseignemens avons... (Biblioth. de Carpentras, ms. 403, fol. 113.)
La nouvelle version est beaucoup plus fidèle. Le poète français rend d'abord en vers un prologue qui est en prose dans certaines éditions latines :
Prologue de l'acteur. Pour esveiller mon esprit endormy D'aucun sçavoir plus petit que ung formy...
C'est dans ce prologue qu'il est parlé de l'auteur du livre. Voici le passage dans le texte latin et en français.
Causa vero efficiens fuit quidam regens Parisiensis, qui, ut dicitur, nominabatur Facetus, qui, quandocumque videbat scolares sive scolasticos suos in moribus deficere, nitebatur circa omnes mores per dicta et documenta Cathonis eos redarguere ; et quia pluries non poterat auctoritatem in Cathone reperire que defectui scolarium coaptaretur, et precipue pro statu ecclesiastico et mense, meditatus est documenta agregare omnia que ab eodem Cathone exstiterant pretermissa, quod et tandem perfecit et nomine suo suum opus nominavit... Et dicitur Facetus per etimologiam quasi faven cet ui, id est placens tam in dictis quam in factis in populo. ...... Ay entrepris l'essay De rediger et par traduction Les documentz en composition Jadiz escriptz d'un homme intelligent Qui a Paris en son temps fut regent, Faictz en latin et metrificature, Dont il avoit la veine et ornature, Nommé Facet, lequel, fort desirant En doctriner, aussy considerant Faultes de meurs en jeunes escolliers Ausquelz monstra plusieurs vers familiers Prins en Cathon, orateur tresprudent, Comme son faict le descreuve [lis. descueuvre, [evident] Et luy voyant que Cathon ne touchoit Auctoritez qu'expressement cerchoit Pour corriger d'iceulx susdictz les vices, Leçons de meurs qui leur fussent propices, Par spécial, des statutz de l'Eglise Que chascun doibt sçavoir par juste guise, Et de l'honneur et constance notable Que toutes gens doibvent tenir en table Sur ce assembla les discretz documentz Dudict Cathon et advertissemens, Lesquelz bien veuz, composa ce traicté, Comme d'honneur instruict et affecté De tous [les] dictz et meurs non estans mys Audict Cathon, par oubliance obmys, Et le nomma Facet, de son nom droict, Qui bien receu et veu en tout endroit...
Le poème proprement dit débute ainsi :
Cum nihil utilius humanae credo saluti Quam rerum novisse modos et moribus uti, Quod minus exequitur morosi dogma Cathonis Supplebo pro posse meo monitu rationis.. O mes enfans, je Facet, petit maistre, Vous advertys que je ne puys congnoistre Aucun proffit, utille et plus commode A jeunes gens, que d'entendre la mode De sapience et retenir la chose Qui l'homme humain a vray salut dispose..
Le texte latin et la paraphrase française se terminent, au fol. c iiij v°, par la devise : De mal en bien, la traduction française du Facetus de plusieurs autres versions étrangères. Les vers allemands de Heinrich Laufenberg et surtout ceux de Sebastian Brant sont bien connus. Voy. Ch. Schmidt, Histoire littéraire de l'Alsace, 1879, 1, p. 319 ; II, p. 348.
Le Livre de Facet est suivi de diverses autres pièces, savoir :
Fol. c v. Aultres Dictons composez a plaisir par le susdict acteur, suyvans par les commancemens les lettres de l'alphabet.
A Dieu est deu loange et gloire Au roy tribut, loz et honneur...
23 quatrains, commençant successivement par a b c d et se terminant par la devise : De mal en bien.
Fol. c vij. Comploration sur le trespas de defuncte tresmagnanime, tresillustre et tresloable dame, madame Loyse de Savoye, mere du roy Françoys, premier du nom :
En la saison que autonne avoit son cours La lune errant, ou siècle, sans discours...
244 vers. A la fin, la devise : De mal en bien.
Fol. d iij v°. Champ royal en l'honneur de la Vierge Marie :
En ung verger, le plus beau de la terre... Refr. Pierre de prys, tresdigne et proffitable.
La devise est répétée à la fin.
Fol. d v Ballade en l'honneur de la susdict[e] dame.
Puys qu'ainsy est que Dieu le createur... Refr. Disons ave a ceste belle dame.
Fol. d v v°. Rondeau.
Après Jesus premier fault requerir..
Fol. d vj. L'Acteur.
Joye sans fin en ce monde et es cieulx..
15 vers donnant en acrostiche le nom de Jaques de la Hogue. A la fin : De mal en bien.
Le v° du f. d vj est blanc, ainsi que le f. d vij. Au r° du dernier f. (d viij) est la marque de Galliot Du Pré (Silvestre, n° 47).
L'auteur de ce volume remplissait avec zèle les fonctions judiciaires. Nous savons qu'il fut chargé par le parlement de poursuivre les débiteurs de Semblançay (voy. Catal. des actes de François Ier. t. IV, n° 14040). Ces fonctions ne l'empêchaient pas d'aimer passionnément la poésie, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même. La Croix du Maine (éd. Rigoley de Juvigny, I, p. 418) cite de lui une Vie de Robert le Diable, en vers, qui ne paraît pas avoir été imprimée.
Cet exemplaire provient des ventes AUG. VEINANT (Cat. 1860, n° 362), F. SOLAR (Cat., 1860, n° 1136), W. MARTIN (Cat., 1869, n° 345), L. POTIER (Cat., 1870, n° 819) et LIGNEROLLES (Cat., 1894, n° 1200).
Devises et anagrammes : De mal en bien, Jacques de La Hogue (1535)
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