Paris. Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Rothschild 1871 [V, 3, 9]

  • Attested title :
    • EMBLEMES || d'Alciat, || de nouueau Trãslatez en || Frãçois vers pour vers || iouxte les Latins. || Ordonnez en lieux cõmuns, auec || briefues expositions, & Figu- || res nouuelles appropriées || aux derniers Emblemes. || A Lyon chez Macé || Bonhomme. 1549. || Auec Priuilege. — [A la fin :] Imprimez à Lyon par || Macé Bonhomme. Gr. in-8 de 267 p. et 2 f., mar. br., dos et mil. ornés à froid, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet.)
  • Other label of the document :
    • Paris. Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Rothschild 1871 [V, 3, 9]
    • Paris. BnF, Rothschild 1871 [V, 3, 9]
  • Held at : Paris. Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits
  • Languages : French

Contents

Data Source: BnF Archives et manuscrits

  • Le titre est orné d'un grand encadrement architectural qui porte la marque de M. Bonhomme et sa devise : 'Εκ πόνου ὁ βίος. — Au v° du titre est le texte du privilège accordé pour six ans à Guillaume Roville, « libraire », et à Macé Bonhomme, « imprimeur », le 9 août 1548. — Certains exemplaires portent au titre le nom de Roville.

    Les p. 3-4 contiennent une épître de BARPTOLEMY ANEAU « A tresillustre prince, Jacques, conte d'Aran en Escoce, filz de tresnoble prince, Jacque, duc de Chastel-le herault, prince gouverneur du royaume d'Escoce », épître datée de Lyon, le 3 janvier 1549.

    Les p. 5-13 sont occupées par une Præface, dans laquelle Aneau rend compte du but qu'il s'est proposé et des difficultés que son travail a présentées. Il a rangé les emblèmes par « lieux communs » pour en faciliter l'usage. Chacun « aura en ce petit livre, comme en ung cabinet tresbien gąrny, tout ce qu'il vouldra inscripre ou pindre aux murailles de la maison, aux verriéres, aux tapis, couvertures, tableaux, vaisseaulx, images, aneaulx, signetz, vestemens, tables, lictz, brief, à toute piéce et ustensile, et en tous lieux ». Quant à la traduction, elle a été faite vers pour vers « à grand labeur, intelligence et jugement ». Aux vers est jointe une explication morale en prose.

    Les emblèmes sont au nombre de 200 en tout. L'édition latine sur laquelle la traduction a été faite ne comptait que 107 figures ; celle-ci en compte 164 ; mais plusieurs bois ont servi deux fois. La même figure se retrouve aux p. 45 et 121, 103 et 104, 112 et 117, 144 et 256, etc. Les bois ne portent aucune signature ; ils sont plus grands que ceux des éditions décrites ci-dessus, et l'exécution en est remarquable, bien qu'elle soit inférieure à celle des petites vignettes de Jean de Tournes. Chaque page est ornée, en outre, d'une belle et large bordure également gravée sur bois. Plusieurs des encadrements (p. 14, 25, 26, 29, 30, 36, 41, etc.) portent les initiales d'un artiste inconnu P. V. (cf. Nagler, Die Monogrammisten, IV, p. 973).

    Voici, à titre de spécimen, un emblème accompagné des deux traductions françaises (nous choisissons celui qui accompagne le char traîné par des lions dont nous avons parlé au numéro Rothschild 1869).

    Etiam ferocissimos domari.
    Romanum postquam eloquium, Cicerone perempto,
    Perdiderat patria[e] pestis acerba suae,
    Inscendit currus victor vinxitque leones,
    Compulit et durum colla subira jugum,
    Magnanimos cessisse suis Antonius armis
    Ambage hac cupiens significare duces.

    Traduction de Jean Le Fèvre.

    Les plus cruelz surmontez.
    Après qu'Antoine eut fait mourir
    Cicero, pére d'eloquence,
    En chariot voulut courir,
    Conduit par lyon d'arrogance,
    Faisant en ce pure jactance
    Que, comme lyons le servoient,
    Mis avoit en obeïssance
    Les grans qui grosse audace avoient.
    Traduction de Barthélemy Aneau.
    Quand Marc Antoine heut Ciceron tué,
    L'honneur romain, et son pays rué
    Du tout au bas, l'hors il monta, vainqueur,
    Sur char tyré par lyons, col et cueur
    Mettant soubz joug, et monstrant par ses armes
    Avoir soubzmis les fors duez et gens d'armes.

    Fierté n'est si hautaine que par force ne soit domptée, tant es hommes que es bestes.

    Notre exemplaire de la version d'Aneau offre une particularité curieuse. Un des emblèmes, qui rappelle le procès de Semblançay (1527), a été cartonné. Le carton est resté volant, ce qui permet de comparer les deux textes. Le quatrain n'a pas subi de changements :

    La main d'un prince, avare et alongée,
    Serre l'esponge avant par luy plongée ;
    Larrons eléve et punit quant et quant,
    A soy le bien mal acquis confiscant.

    Le commentaire qui accompagne ces vers a été, au contraire, entièrement remanié :

    Texte primitif.

    Les princes commettent aulx offices des finances les plus larrons ; puys, quand ilz sont pleins, les font pendre et confisquent leurs grandz biens mat acquis, qui par cela ne reviennent pas au peuple qui en ha esté spolié et desrobé.

    Carton.

    Les princes commettent aulx offices de leurs finances hommes qu'ilz pensent estre de bon esprit, gens de bien et loyaulx ; mais bien souvent aulcuns d'iceulx, aveuglez par la trop grande resplendeur de l'or qu'ilz ont en maniement, se oblyent et deviennent larrons ; puys, quand ilz sont pleins comme l'esponge, on leur serre le col en les faisant pendre, et sont confisquez leurs biens, qui toutesfois par cela ne reviennent au peuple qui en ha esté spolié.

Participant

Subjects and themes

Data Source: BnF Archives et manuscrits

  • Belles-lettres — Philologie — Emblèmes
    Alciati (Andrea) -- trad. par Barthelemy Aneau (1549)
    Aneau (Barthélemy) -- Traduction des Emblemes d'Alciat (1549)
    Bonhomme (Macé), imprimeur à Lyon (1549)
    Guéret (G.) -- Le Parnasse reformé (1671)
    Hamilton (James), comte d'Arran -- Barth. Aneau lui dédie la traduction des Emblemes d'Alciat (1549)

    Initiales : P. V. : graveur (1549)

    Rovillé (Guillaume), libraire à Lyon (1549)
    Trautz-Bauzonnet (Georges), relieur à Paris

Data source