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Biblissima+ Identifier: https://data.biblissima.fr/entity/Q337694
Data Source: BnF Archives et manuscrits
Le titre porte la marque de G. Auvray (Silvestre, n° 490).
Les 7 f. qui suivent le titre contiennent : une épître de Basanier « A illustre et vertueux seigneur, Walter Ralegh, chevalier anglois, seneschal des duchez de Cornuall' et d'Exon, etc. », épître datée de Paris, le 1er mars 1586 ; une épigramme latine de JEAN DORAT ; un quatrain latin et un quatrain français de M. BASANIER ; quatre distiques latins de RICHARD HAKLUIT, « Anglus » ; l'Extraict du privilége ; la Preface.
Le privilège, daté du 4 janvier 1586, est accordé pour dix ans à G. Auvray.
La table commence au v° du f. 123 et se développe sur le f. qui termine le volume.
René de Laudonnière, dont l'histoire personnelle est peu connue, accompagna, en 1562, Jean Ribaut dans une exploration de la Floride, pays que les Espagnols avaient parcouru vingt ans auparavant, sans réussir à s'y maintenir. Les deux navigateurs étaient chargés par Coligny d'y établir une colonie calviniste, dont on espérait plus de succès que de celle de Villegagnon. Ils y créèrent Port-Royal et Charles-Fort, qu ils appelèrent ainsi en l'honneur de Charles IX. Ils rentrèrent à Dieppe peu de temps après, afin de procurer des secours aux émigrants. Laudonnière en repartit le 22 avril 1564, ignorant qu'en son absence la colonie avait péri et que les Anglais en avaient recueilli les derniers débris. Il ne se laissa pas décourager par cet échec et bâtit un nouveau fort, non loin de l'ancien, sous le nom de Caroline. Poussés par la famine, quelques-uns des colons se laissèrent entraîner à des actes de piraterie contre les Espagnols, qui s'en vengèrent cruellement. L'amiral Pedro Mendez de Avilez, a la tête d'une puissante escadre, surprit les colons français et les massacra sans pitié, « non comme Français, mais comme hérétiques ». Laudonnière et quelques-uns de ses compagnons parvinrent seuls à se sauver et rentrèrent en France, après mille périls, dans les premiers mois de l'année 1566.
Laudonnière mourut inconnu de la cour, qui ne le distingua pas du reste des huguenots. Son ouvrage, qui contient sur la Floride les plus curieux détails, lui a du moins survécu ; mais il a subi le sort d'un grand nombre d'autres livres écrits par des protestants et il est devenu introuvable. On doit donc savoir gré à M. Jannet d'en avoir donné une réimpression fidèle dans la Bibliothèque elzévirienne (1853, in-16) ; cependant, la notice que M. Jannet a consacrée à l'auteur est des plus incomplètes. On fera bien d'y suppléer à l'aide des articles consacrés à Laudonnière dans La France protestante de MM. Haag (VI, 423) et dans la Nouvelle Biographie générale de MM. Didot (XXIX, 890). On trouvera dans ces articles l'indication de plusieurs autres fragments historiques relatifs à l'expédition de la Floride.
Dominique de Gourgues, dont les exploits ont été ajoutés au récit de Laudonnière, était un gentilhomme protestant de la Gascogne. Animé d'une haine implacable contre les Espagnols, il jura de venger le massacre de Caroline. Il équipa trois petits navires, sur lesquels il embarqua 200 hommes de bonne volonté, et partit clandestinement pour l'Amérique. Il débarqua près de Caroline, au commencement de l'année 1568, s'allia aux Indiens, dont il connaissait la haine contre les Espagnols, et réussit à surprendre ces derniers, beaucoup plus nombreux que sa troupe. Il les fit tous pendre jusqu'au dernier, « non comme Espagnols, mais comme pirates, bandoliers et écumeurs de mer ».
Après avoir dépensé toute sa fortune dans cette expédition, de Gourgues revint en France, où il dut se cacher pour échapper aux recherches de Charles IX, qui l'eût livré à l'Espagne. Il prit en 1593 du service en Angleterre, mais il mourut à Tours la même année.
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