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Full digitisation
Data Source: Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription - Identification des personnages et commentaire des scènes.
Lieu de conservation - Peintures disposées sur deux registres occupant le mur sud. La description des scènes est faite de gauche à droite, en commençant par le registre supérieur.
Support et dimensions - Hauteur des lettres : environ 3,5cm.
Transcription - Registre supérieur :
Scène 1 : Savin et Cyprien comparaissent devant Maximus. Dans le champ :
MAXIMVS
SAVINVS
CIPRIANVS
Scène 2 : Savin subit le supplice de la roue : anépigraphe.
Scène 3 : Cyprien subit le supplice de la roue : anépigraphe.
Scène 4 : Les sainte sont livrés aux bêtes qui leur lèchent les pieds : anépigraphe.
Dans la bande placée au-dessous de ces scènes, on lit, sur une seule ligne :
CR......... ES IN V..... A .......... PRAESES
DVM TORQVERE NEGANT SANCTOS TORMENTA LABORANT
............ FRATRES VENERANTVR FAV........ ES
Registre inférieur : on distingue quatre autres scènes de la passion de Savin et de Cyprien, sans toujours pouvoir les identifier avec certitude. Aucune trace de lettres ne subsiste de nos jours, ni dans le champ, ni dans la bande placée à la partie inférieure du registre[*].
Traduction - Le seul passage que les textes conservés permettent de comprendre est peint sur la partie médiane de la bande séparant les deux registres : "... Devant leur refus d'abjurer les saints subissent des tortures...".
Remarques paléographiques - L'état de conservation des textes n'autorise que quelques remarques paléographiques, basées sur l'examen de la première scène -la mieux conservée-rapportée ci-dessus. On y note la présence de trois onciales D, E et M. Le ductus du D est très voisin de celui qui figure dans le texte peint autour de la mandorle du Christ.
Remarques linguistiques - Les inscriptions peintes sur les bandes délimitant les registres forment des hexamètres léonins, dont deux, l'un au nord, l'autre au sud, peuvent être restitués totalement. Textes subsistants et place disponible permettent d'avancer qu'il devait y avoir trois hexamètres sous chacun des registres des murs nord et sud, ce qui ferait un total de douze vers pour cette partie de la crypte[*].
Commentaire historique et datation - Les scènes de la Passion de Savin et Cyprien peintes dans la crypte suivent à la lettre un récit vraisemblablement composé au XIe s.[*]. L'auteur de la Passio SS. Savini et Cypriani martyrum a rédigé le texte en le mettant sous les noms d'Asclepius et de Valerius, compagnons des martyrs. En 458, dans la ville d' Amphipolis, près de Brescia, les consuls Laodicius et Maximus font arrêter deux frères nommés Savin et Cyprien. Interrogatoires et supplices (les mêmes que ceux qui sont décrits sur les peintures) se succèdent sans réussir à ébranler leur foi. Remis en prison, les saints sont alors délivrés par un ange et, sur un ordre divin, se rendent en Gaule. Maximus
qui s'est lancé à leur poursuite les rejoint sur les bords de la Gartempe et les fait décapiter. Trois des sources de cette passio sont connues[*]. Les noms des consuls Laodicius et Maximus, ainsi que celui de la ville Amphipolis, apparaissent dans la passio latine de saint Mocius, martyr, patron de Constantinople[*]. Un religieux du nom de Sabinus figure dans le Libellus de revelatione S. Corcomi martyris et de conversione S. Mamertini, interpolation de la vita de saint Germain d'Auxerre, écrite à la fin du Ve s. par Constance de Lyon. Enfin, l'auteur a utilisé la Passion de saint Savinien de Troyes dans laquelle on note la présence d'une Savina, soeur de saint Savinien[*].
Des deux saints cités par la Passion le personnage de Cyprien est encore plus difficile à préciser que celui de Savin. On ne trouve trace de ce saint ni dans le martyrologe d'Usuard, ni dans le texte de la Translatio S. Savini[*], pas plus que dans celui de l' Inventio S. Marini[*]. Adémar de Chabannes rapporte dans sa chronique que Pepin Ier, fils de Louis le Pieux et roi d'Aquitaine, construisit à la demande de son père le monastère de Saint-Cyprien de Poitiers[*]. Les textes conservés de l'abbaye nous apprennent qu'au Xe s. l'évêque Frotier plaça le monastère sous le patronage de la Vierge et y déposa le corps de Cyprien[*]. Ce ne fut, en fait, qu'au XIe s. que Cyprien fut identifié au frère de Savin[*].
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