Angoulême. Abbaye Saint-Cybard, Épitaphe de Guillaume II (CIFM III, Charente, 9)

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Data Source: Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)

  • Fonction de l'inscription — Épitaphe d'un comte d'Angoulême.

    Lieu de conservation — Inscription disparue. Le tombeau du comte était placé devant l'autel Saint-Denis dans l'église Saint-Cybard d'Angoulême et l'inscription fut gravée sur une plaque de plomb (voir infra).

    Transcription — Texte cité d'après Adémar de Chabannes :

    HIC JACET DOMNUS AMABILIS WILLELMUS COMES EGOLISMAE

    QUI IPSO ANNO QUO VENIT DE HIERUSALEM OBIIT IN PACE VIII

    IDUS APRILIS VIGILIA OSANNA MXXVIII ANNO AB INCARNATIONE

    ET TOTA SUA PROGENIES JACET IN LOCO SANCTI EPARCHII

    Traduction — Ci-gît l'aimable seigneur Guillaume, comte d'Angoulême, qui l'année même de son retour de Jérusalem mourut dans la paix, le 8 des ides d'avril (6 avril), la veille d'Hosanna, l'an de l'incarnation 1028, et toute sa descendance gît dans le monastère de Saint-Cybard.

    Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules — On retrouve dans ce texte un formulaire commun à de nombreuses épitaphes, que ce soient les formules hic jacet et obiit in pace ou bien les éléments qui concourent à la datation, tels que : l'an de l'incarnation du Seigneur ou l'indication de la date du décès à partir d'une fête religieuse. Osanna désigne le dimanche des Rameaux. En 1028 la veille des Rameaux tombait le samedi 6 avril.

    Commentaire historique et datation — Le comte d'Angoulême, Guillaume II, succéda à son père Arnaud Manzer à la tête du comte. Il est mentionné pour la première fois dans une charte de donation en faveur de l'abbaye de Saint-Amant-de-Boixe, date de 928[*].

    Il se montre un ami et un allié très fidèle du duc d'Aquitaine Guillaume le Grand[*]. C'est en 1026 ou en 1027 qu'il entreprit un voyage en Terre Sainte. Il tomba malade à son retour, maladie qu' Adémar attribua aux maléfices de sa femme[*], et mourut comme l'indique son épitaphe la veille des Rameaux, en 1028. Adémar de Chabannes fournit sur ses funérailles les détails suivants[*]: Per biduum observatum est corpus ejus a clericis et monachis in basilica cathedrali Sancti Petri. Tunc, dominica sancta Osanna, cum ramis et floribus delatum est corpus ejus ad basilicam Sancti Eparchii[*], et ibi sepultum est ante altare Sancti Dionysii. Sepelierunt eum duo episcopi Roo Engolismensis et Arnaldus Petragoricensis. Ad caput ejus jussit poni filius ejus Audoinus[*]tabulam plumbeam ita scriptam : Hic jacet amabilis...

    Il est vraisemblable de penser que la plaque de plomb qui portait l'épitaphe fut gravée aussitôt après la mort du comte Guillaume et placée dans le tombeau même, comme semble le laisser entendre l'expression ad caput ejus.

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