Angoulême. Chapitre cathédral, Seconde épitaphe de l'évêque Guillaume (CIFM III, Charente, 4)

Contents

Data Source: Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)

  • Support et dimensions — Cette épitaphe, due à Baudri de Bourgueil, n'a vraisemblablement jamais été gravée. Nous la donnons cependant car elle montre bien la vogue qu'eut ce genre littéraire au moyen âge, et il n'était pas rare de voir rivaliser plusieurs poètes dans des chants qu'ils composaient à la louange d'un défunt. Toutefois, afin de distinguer les textes qui n'ont peut-être jamais été effectivement inscrits de ceux qui le furent, on présentera les premiers en utilisant les capitales italiques.

    Transcription — 1. NOBILE NOBILIUM SPECIMEN GUILLELME DECUSQUE

    2. PROH DOLOR HIC PROFERA CINERATUS MORTE QUIESCIS

    3. ORDINE PRAESUL ERAS ATAVORUM SANGUINE CONSUL

    4. PROVIDUS IN FACTIS NULLI SERMONE SECUNDUS

    5. ENGOLISMA DOLE TANTO VIDUATA PATRONO

    6. LANGUES ECCE TUI MODERAMINE PRAESULIS ORBA

    7. INTERITUM TIMEAS DEMPTO MEDICAMINE[*]LANGUES

    8. HUIC SIQUIDEM NULLUM NON NESCIS AEQUIPARANDUM

    9. URBS TAMEN INFELIX ARTUS VENERARE PATERNOS

    10. DIC QUOQUE TRANSCENDAT GUILLELMI SPIRITUS ASTRA.

    Traduction — Exemple et parure nobles entre les nobles, ô Guillaume,

    Las! ici tu reposes, réduit en cendres par une mort impatiente.

    Évêque par ton rang, par le sang de tes aïeux tu étais comte,

    Prévoyant en tes actes, à nul autre pareil dans ton discours.

    O Angoulême, devenue veuve, pleure un si grand patron,

    Voici que tu dépéris, privée du gouvernement de ton évêque,

    Par la perte de ton remède alanguie, redoute de périr,

    Puisque tu n'en sais nul autre capable de l'égaler.

    Ville infortunée, vénère pourtant le corps de ce père,

    Et dis : Que l'âme de Guillaume transcende les astres.

    Remarques linguistiques — Dix vers hexamètres.

    Commentaire historique et datation — On se reportera à l'inscription précédente pour les commentaires historiques. Dans la traduction proposée le terme consul a été rendu par comte. On ignore à quel moment de sa vie Baudri de Bourgueil composa ce poème que l'on situera entre 1076, date du décès de Guillaume, et 1130, date de la mort de Baudri.

Bibliography

These bibliographical references have been processed and may include links to online versions.

Data sources