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Data Source: Bibliothèque numérique d’agglomération de Saint-Omer
CONTENU
Il s'agit du fameux traité d'Augustin sur la Trinité. La légende hagiographique d'Augustin relate qu'alors que ce dernier songeait à la rédaction de son livre sur la Trinité, il vit un enfant qui avait creusé un trou dans le sable et y versait de l'eau avec un coquillage. il s'approche du garçon et lui demande ce qu'il fait, ce à quoi l'enfant lui répond qu'il a entrepris de vider la mer dans ce trou. augustin lui répond alors en souriant que c'est impossible, et l'enfant de lui répondre qu’il lui sera plus facile de réussir son entreprise qu'à Augustin d'expliquer ne fusse que la plus infime partie des mystères de la Trinité dans son ouvrage. Augustin a mis plus de quatorze ans pour donner à ce traité une forme qui lui convienne. L'ouvrage est finalement publiés en 420. Il s'organise en en quinze livres répartis en cinq grandes parties, qui abordent les principales notions chrétiennes relatives à la nature de Dieu et la relation entre les trois personnes divine. Une table des chapitres et l'épître de S. Augustin, « De Trinitate, quæ Deus summus » précèdent le traité.
DÉCOR
Le décor de ce manuscrit est typiquement cistercien. Il est constitué d'initiales monochromes bleues et rouges, de taille variable selon leur rôle et leur place dans la structuration du volume. Lorsque l’on se penche sur les différents textes qui ont affirmé la position des cisterciens envers l’art, on se rend compte que ces derniers opposaient un refus quasi catégorique à toute forme d’expression artistique. On en trouve la concrétisation dès la première collection des statuts de l’ordre de 1131. Dans ces textes, tout est fait pour limiter au maximum la présence d’objets d’art et le luxe dans les abbayes de l’ordre : « Dans nos églises ou dans un local d’office quelconque, nous interdisons que l’on se livre à l’art de la sculpture ou de la peinture ; il est rare, en effet, que l’on puisse s’appliquer à cela sans négliger la sainte méditation, sans finir par oublier le sérieux de la vie religieuse. Nous admettons cependant les croix peintes en bois » (status cisterciens, collection. de 1131, stat. XX). Une fois que Bernard eut énoncé la règle : « Les lettres devront être d’une seule couleur et non peinte » (Statuts cisterciens, LXXX), et que cette injonction eut été transmise dans les autres abbayes de l’ordre, la plupart des illustrations et ornements figuratifs furent supprimés des manuscrits. Cela a donné le troisième style de Cîteaux ou « style monochrome ». Ainsi que le précise Y. Zaluska : « la monochromie n’est pas un trait purement cistercien, mais les moines blancs sont les premiers à l’avoir érigée en doctrine et à en avoir fait une forme de la quête de Dieu ». Ce style va s’épanouir durant les années quarante du XIIe siècle, jusqu’à la fin du troisième quart de ce siècle, puis, très vite, il laisse de nouveau la place à un retour à l’iconographie foisonnante.
RELIURE
Ais de bois couverts de peau mégissée blanche avec rabats et oreilles, traces de boulon, lanières et pitons. Fenêtre de corne clouée au contreplat inférieur.
PROVENANCE
_f. 136 : Frater Anthonius de Wimille [tracé à la pointe sèche]. Antoine de Wimille, moine et chantre de Clairmarais (actif en 1596).
BIBLIOGRAPHIE
_STAATS, Sarah, Le catalogue médiéval de l'abbaye cistercienne de Clairmarais et les manuscrits conservés. Avec le concours de Caroline Heid et Donatella Nebbiai, et une contribution de Patricia Stirnemann, Paris : CNRS éditions, 2016, p. 76. _BONDEELLE-SOUCHIER, Anne, Bibliothèques cisterciennes dans la France médiévale. Répertoire des abbayes d'hommes, Paris, 1991, P. 83-88.
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