Jacques Du Perron (1556-1618)

  • Other Forms :
    • JAQUES DAVID DU PERRON
    • Cardinal Du Perron
    • Davy du Perron, Jacques (cardinal, 1556-1618)
    • Du Perron (cardinal Jacques Davy)
    • Du Perron Jacques
  • Birth : 1556
  • Death : 1618
  • Notes :
    • J. P. Barbier-Mueller, Dictionnaire des poètes français de la seconde moitié du XVIe siècle (1549-1615), C-D, Genève, 2015: Jacques Davy, cardinal du Perron (1556 - 1618) (Source : Biblissima)
    • Traduisit du latin en français (Source : BnF)
    • Cardinal (promu en 1604). - Évêque d'Évreux (1595-1606), puis archevêque de Sens. - Grand aumônier de France (à partir de 1606). - Poète. - Diplomate (Source : BnF)

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Bibliographic notice

Data Source: Bibliotheques françoises

JAQUES DAVID DU PERRON, sieur dudit lieu, precepteur du Roy de France & de Polongne, Henry troisiesme du nom: fils aisné de defunct Julien David du Perron (duquel nous parlerons cy apres) tous deux nez en la ville de Sainct Lo en Normandie &c. Il a fait un recueil des discours, sur plusieurs differents subjects, en Philosophie & Mathematiques, lesquels il a prononcez devant la Majesté du Roy: Il y en a plus de soixante fueilles imprimees, chez Federic Morel à Paris, lesquels ne sont pas encores en lumiere, encores qu'il y ait pres de trois ans, qu'ils ayent esté commencez à imprimer: mais j'ay opinion, que la principalle occasion qui l'a retenu de les faire publier, est que il y a plusieurs choses en ce livre, faisans mention de Caie Jules de Guersans (duquel nous avons parlé cy devant) lesquelles il ne voudroit mettre en public, auparavant que de l'avoir bien reveu: d'autant que pour lors ils n'estoyent joincts de telle amitié, comme ils ont esté par apres. Je croy donq que le retardement de l'edition de son livre ne provient que pour cette raison, ou pour avoir esté depuis empesché à choses, qui ne luy permettoyent d'y vaquer, selon qu'il l'eust bien desiré. Je n'ay encores veu ce livre, qui est cause, que je n'en peux pas donner jugement, ny mesmes parler au vray des matieres contenues en iceluy. Si pourray-je bien toutesfois asseurer, que ledit sieur du Perron ne cede en rien aux plus rares esprits de son siecle, soit pour la cognoissance des langues, ou pour la philosophie & les Mathematiques: ou bien encores pour toutes les autres parties, que l'on voudra rechercher en son divin esprit: mesmes jusques à là, que d'avoir une perfection de composer, en tous genres de vers: Ce que je ne dy pour penser m'aquerir son amitié par ces propos susdits, mais selon que la verité, que je cognoy en cela, me convie à la dire: estant contraire en cecy à beaucoup, qui estans jaloux des autres, ne peuvent loüer aucun. Ce n'est pas seulement pour les perfections susdites, que l'on fait tant de cas du sieur du Perron: mais encores pour la divine memoire, qu'il a pleu à Dieu luy departir, laquelle est telle, & si esmerveillable, que si je n'eusse moy-mesme fait l'experience d'icelle, je n'eusse jamais creu, ce que j'y ay cogneu de tant miraculeux: mais je suis contraint (pour le respect & amitié que je luy porte) d'en laisser icy le tesmoignage qu'il m'en fist, il y a plus d'un an: ce que je repeteray d'autant plus volontiers pour les propos qu'il me tint durant cet affaire, qui estoyent tels, qu'il avoit mieux aimé faire cet essay de luy en mon endroit, qu'à pas un autre quel qu'il fust, à cause (disoit-il) que je m'en pourrois mieux souvenir& rendre tesmoignage (en quoy il ne s'est point abusé) car il prevoyoit bien en celà, ce que il en verra advenir tout maintenant. Voicy donq ce qu'il y a de tant remarquable, touchant sa divine memoire (ce qui ne devra estre odieux à pas un, si je suis un peu long à le discourir) car je pourroy dire autres choses, qui ne seroyent pas de telle consequence, & pour personnes de moindre valeur. L'an passé 1583. Mathieu Bossulus Parisien (l'un des premiers philosophes, & des plus eloquents Orateurs de nostre siecle) prononça une for docte harangue, au college de Boncour à Paris, en la louange de l'art Oratoire & des Orateurs, laquelle dura environ d'une heure & demie, à la prononciation de laquelle estoit present ledit sieur du Perron, avec autres, des premiers hommes de ce siecle (lesquels je nommeray par honneur) sçavoir est, Messieurs Cuias, Scaliger, Baif, des Portes, & autres en nombre infiny, & il advint qu'à trois jours apres, le sieur du Perron me rencontra dans la grande salle du Palais de Paris, auquel je feis recit du plaisir que j'avois receu ayant ouy haranguer un si gentil personnage que ledit Bossulus, il me respondit alors, que si je voulois ouir repeter de mot à mot toute ladite harangue, qu'il me la reciteroit promptement, & sans y faillir d'un seul point, ce que l'ayant prié de ce faire, il commença à reciter cette docte Oraison, par les mesmes vers desquels avoit usé ledit Bossulus, & la continua si avant, que voyant assez de preuve de sa memoire, je le priay de cesser: car cela eust duré plus d'une heure, mais seulement je me contentay de l'avoir ouy discourir par l'espace d'une demie heure ou environ. Et de peur que l'on ne pense que je ne sceusse pas, s'il repetoit la mesme chose qui avoir esté dite: J'advertis ceux qui liront cecy, que je me souvenois bien, si ce qu'il disoit estoit ainsi: car je fuz present à ladite oraison prononcee par Bossulus, & m'en souvenois aussi bien que si je l'eusse leuë escrite dans un livre: mais ce qui est plus à admirer, c'est que je le prioys de me repeter les periodes entrelacees sans la continuer, ce qu'il fist encores: & sur ce qui est le plus difficile en cecy, c'estoit de nommer toutes les sortes d'armes, & tous les noms usitez en guerre, desquels usa ledit Bossulus, parlant d'un certain Orateur, qui sembla estre descendu du ciel, pour empescher que les deux armees du Roy François premier, & l'Empereur Charles le quint, ne se combatissent: il usa pour lors d'une infinité de mots usitez entre les guerriers, & n'en laissa pas un seul, ny mesmes les vers ou carmes de plusieurs autheurs, contenus en la harangue dudit Bossulus. Que si quelques-uns avoyent opinion qu'il eust apris ladite harangue, soit devant ou apres qu'elle fut prononcee, cela ne se peult faire, car le seigneur Bossulus ne l'eust sceu luymesme repeter de mot à mot, comme il l'avoit recitee, d'autant qu'il l'avoit prononcee tout autrement en chaire, qu'il ne l'avoit premeditee en son cerveau, tant à cause des celebres personnes, qui se trouverent audit Boncour pour l'ouir (desquels il n'estoit pas adverty) que aussi pour avoir de coustume de ne rien escrire au long, de ce qu'il avoit à dire en public (tant il est eloquent) mais bien seulement ayant mis par articles les poincts qu'il veult traicter. Ce que je dy pour prevenir aucuns, qui pourroyent tourner cecy autrement que selon la verité du fait. Monsieur de la Ruelle Pepin, gentilhomme de Bretagne, pourroit tesmoigner cecy avecques moy en la presence duquel il fit la preuve de cette belle & heureuse memoire, laquelle je prie à Dieu luy vouloir conserver. Cecy n'est moins digne de merveille, que ce que nous lisons és diverses leçons de Muret, touchant un Sicilien. J'entends qu'il traduist maintenant les livres d'Aristote traictants de l'ame. Il florist à Paris cette annee 1584. & devons esperer voir une infinité de belles choses rares, tant de son invention que de sa traduction, s'il plaist à Dieu luy donner une longue vie, laquelle je luy prie vouloir donner telle, que je me la desire pour moy-mesme.

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Bibliography

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  • Dictionnaire des lettres françaises. Le XVIe siècle, Fayard, 2001, ici p. 434-436 : Du Perron (cardinal Jacques Davy)

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