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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Le titre est orné d'un petit bois qui représente un homme et une femme assis l'un à côté de l'autre sur un banc et comptant sur leurs doigts.
Au v° du titre est placé un Rondeau au Lecteur de FRANÇOYS CHEVALIER, « natif de Bourdeaulx, collegié du collége de Foix, a Tholose ».
Le v° du dernier f. des Controverses porte la marque reproduite par M. Brunet, à l'art. Marot (III, 1450).
Cette édition, ornée de figures gravées sur bois, paraît être la même que celle que M. Brunet décrit sous la date de 1536.
L'ouvrage de Gratien Du Pont n'est pas seulement curieux à cause du sujet qui y est traité ; il mérite d'être étudié en raison de tous les genres de poésies que l'auteur a employés. Lui-même nous apprend, dans son avant-propos, qu'il a pris la plume pour dénoncer les abus des femmes,
Pareillement aussi pour inciter, Dont grandement y peuvent proufiter, Les jeunes gens qui desirent apprendre De composer et rhetorique entendre : Ilz y verront des rithmes bien subtiles, Aux apprentiz de tel art fort utiles.
On trouve en effet dans les Controverses des ballades ordinaires, des ballades « par vers enchaînés équivoqués », des ballades « couronnées par équivoques mariés », des ballades « leonines et batelées », des rondeaux doubles, batelés, monosyllabiques, équivoqués, à vers enchaînés, etc., etc. L'auteur donna lui-même les règles de ces diverses sortes de poésies dans l'Art et Science de rhetorique qu'il publia à Toulouse en 1539.
On remarque dans le deuxième livre les célèbres vers équivoqués auxquels Tabourot a fait allusion dans ses Bigarrures (Paris, J. Richer, 1583, in-16, fol. 29), quand il dit : « Drusac, un Tolosain rimailleur, imitant Marot en certain livre qu'il a fait contre les femmes, a composé de ces equivoques jusques au nombre de trois ou quatre cents vers. » Ce n'est pourtant pas à Drusac, c'est-à-dire à Gratien Du Pont, qu'est empruntée la pièce citée par Tabourot, bien qu'elle repose sur les mêmes équivoques. Elle est tirée d'un petit livret intitulé : La Complaincte que fait l'amant a sa dame par amours, dont nous connaissons deux éditions. Les vers de Drusac sont de dix syllabes ; ceux de la Complaincte sont des alexandrins. Voy. Recueil de Poésies françoises, XI, 195.
Gratien Du Pont priţ parti en 1533 contre Estienne Dolet, lors des troubles qui agitčrent l'université de Toulouse. Dolet se vengea en composant contre les Controverses l'épigramme suivante :
Si tuum quisquam neget esse librum Utilem, prorsus temere loquatur, Nempe tergendis natibus peraptus Dicitur esse. Nemo nec jurat piperi tegendo Commodum, aut scombris quibus officinae Par tuo servant operi volumen Uno obolo emptum.
Voy. Boulmier, Estienne Dolet (Paris, 1857, in-8), 55 ; Christie, 113.
Du Verdier (I, 642) cite un Antidrusac, ou Livret contre Drusac, fait à l'honneur des femmes nobles, bonnes et honnestes, publié à Toulouse, en 1564, par François de La Borie, chanoine des deux églises de Périgueux, etc., mort en 1607 ; il semble que cet ouvrage soit aujourd'hui perdu.
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