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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Cette histoire, ou plutôt ce pamphlet, est l'œuvre du célèbre poète latin GEORGE BUCHANAN. Après mille tergiversations politiques, Buchanan s'était rallié au parti de son ancien élève Jacques Stuart, comte de Murray. Il mit alors son talent d'écrivain au service des ennemis de l'infortunée reine. Son ouvrage parut d'abord en latin sous ce titre : De Maria, regia Scotorum, totaque ejus contra regem conjuratione.... plena et tragica plane Historia (s. l., mais probablement à Londres, par John Day, 1571, in-8 de 1 f., 122 p. et 1 f., non compris 2 f. ajoutés à certains exemplaires et contenant des vers satiriques). La publication eut lieu vers le 15 novembre 1571. Marie Stuart écrit, en effet, le 22 novembre, de Sheffield, à M. de La Mothe Fénelon, ambassadeur de France auprès de la cour d'Angleterre, qu'un libelle latin vient de lui être apporté par M. Battman, qui en avait sans doute exprès commandement. Elle prie le roi de France d'intervenir auprès d'Élisabeth pour en obtenir la suppression (Lettres, Instructions et Mémoires de Marie Stuart, publiés par le prince Al. Labanoff, IV, 1844, p. 3). Le 5 décembre, l'ambassadeur écrivait à Catherine de Médicis. qu'il allait faire une démarche auprès de la reine d'Angleterre, « et ne fauldray », ajoutaitil, « de luy incister vifvement... qu'elle veuille faire supprimer le livre qui a esté imprimé en ceste ville contre l'honneur de la royne d'Escoce, lequel livre a esté reimprimé de nouveau en anglois avec l'adjonction de quelques rithmes françoises qu'on impute à ladicte dame qu'elle les a composées, qui sont pires que tout le demourant du livre » (Francisque-Michel, Les Écossais en France, les Français en Ecosse, 1862, II, 103). La démarche de M. de Fénelon échoua (voy. sa dépêche du 10 décembre analysée par Labanoff, loc. cit., IV, 9). La traduction anglaise, qui avait suivi de près l'apparition du texte latin, est intitulée : Ane Detectioun of the duinges of Marie Quene of Scottes... translatit out of the Latine quhilke was written by G.B. (s.l.n.d., mais probablement à Londres, par John Day, in-8 de 87 f. et 1 f. blanc ; ou Sanctandrois, be Robert Leckprevick, 1572, pet. in-8).
François de Belleforest, auteur de la réfutation que nous décrivons dans la notice Rothschild 2371, nous apprend, dans son Advertissement au lecteur (fol. aiij v°), que la traduction française fut publiée « par un huguenot poitevin, advocat de vocation, CAMUZ, soy disant gentilhomme, et un des plus remarquez seditieux de France ». L'impression en fut sans doute faite à Londres. M. Hazlitt (Collections and Notes, II, 387) suppose sans preuves qu'elle a été exécutée à Liège.
Le texte latin a été réimprimé par Jebb (De vita et rebus gestis Mariae, Scotorum reginae ; Londini, 1725, 2 vol. in-fol., t. I) sous le titre de Detectio Mariae, etc. La version anglaise a été reproduite par Anderson dans sa Collection relating to Mary Queen of Scots (t. II). Il en existe du reste plusieurs réimpressions séparées, notamment une de 1651, in-12 (Biblioth. nat., Nm 134). Quant à la version française, François de Belleforest parle d'une réimpression augmentée « d'un abregé d'un livret publié en Angleterre le 13. d'octobre l'an 1571, avec la souscription de ces deux lettres R et G, portant pour tiltre en françoys : Le Recueil des conspirations faites par la royne d'Escosse, etc. » La version de Camuz se retrouve d'ailleurs dans les Memoires du regne de Charles IX (Middelbourg, 1578, in-8), I, 110.
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