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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Au titre, la marque de B. Honorat (Silvestre, n° 1241).
Les p. 3-19 contiennent une épître « A tres-haute et tres-illustre princesse, Catherine de Medicis, royne, mére du roy », épître signée de CHARLOTTE DE MINUT, « abbesse du pauvre monastére de Saincte Claire dans Tolose ». — Les p. 20-27 sont occupées par un avis « Au Lecteur ».
Le traité de Gabriel de Minut, dont M. Paul Lacroix a donné une réimpression (Bruxelles, J. Gay, 1865, in-16), est un mélange de considérations abstraites et d'exemples, souvent fort singuliers, empruntés à l'histoire ancienne et à l'histoire moderne. La partie la plus curieuse de l'ouvrage est l'éloge de Paule de Viguier, de Toulouse, surnommée « la belle Paule ». Cette belle, aux cheveux blonds dorés et argentés, était fille d'Antoine de Viguier et de sa troisième femme, Jacquette de Lancefoc. Sa taille et son visage étaient si exquis qu'elle ne pouvait se montrer dans les rues de Toulouse sans risquer de provoquer une émeute, tant le peuple s'empressait pour la voir. L'auteur s'étend longuement sur toutes les perfections qu'on pouvait remarquer ou soupçonner dans son héroïne : il décrit ses cheveux, ses yeux, son nez, sa bouche, sa gorge, son bras, en un mot toutes les parties de son corps, sans en excepter une seule. Ces détails ne furent sans doute agréables ni à la belle Paule, ni à son mari, et le livre paraît avoir été supprimé par leurs soins. Quant à Gabriel de Minut, il était mort quand son ouvrage parut ; c'est ce qui explique l'intervention de sa sœur, l'abbesse de Sainte-Claire, auteur de l'épître à la reine-mère. La dernière page du volume contient, du reste, un sonnet en tête duquel on lit : « L'autheur, presageant sa mort, envoya à laditte dame, pour l'honneur qu'il luy portoit l'adieu qui s'ensuit, et mourut quinze jours après ».
Ajoutons en passant que le musée de Douai possède un portrait de Paule de Viguier, peint par quelque élève du Primatice (n° 307 du Cat.).
Cet exemplaire faisait partie de la bibliothèque de l'église cathédrale de Tournai. On doit rendre cette justice aux chanoines de ladite église qu'ils ne cherchèrent pas à étudier les beautés de la dame de Toulouse, car plusieurs des feuillets de la Paulegraphie n'ont pas été fendus.
De la collection BENZON (Cat., n° 355).
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