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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Le titre porte la marque de l'imprimeur lyonnais Martin Havard (Brunet, II, 551 ; Silvestre, n° 195). Les quatre premières lignes du titre forment un carré dans lequel les huit autres lignes sont imprimées en travers. Voici la reproduction de ce curieux frontispice :
Au v° du titre est placé un bois du Christ en croix, entouré d'une bordure. Cette figure est accompagnée de ces mots : Principes persecuti sunt me gratis.
La marque du titre est répétée au v° du 87e f.
Le bois du Christ en croix se retrouve au r° du dernier f., dont le v° est blanc.
Pierre Meschinot, de Nantes, mourut le 12 septembre 1491, deux mois avant le mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII ; il n'est donc pas exact de dire qu'il était grand écuyer de la reine de France. Son fils, Gilles Meschinot, devint enfant d'honneur de cette princesse, qui pourvut à son entretien (voy. Le Roux de Lincy, Vie de la reine Anne de Bretagne, III, 7).
Les Lunettes des Princes ne parurent qu'après la mort de l'auteur. Les deux premières éditions furent publiées par Estienne Larchier, à Nantes, en 1493 et 1494 (voy. La Borderie, L'Imprimerie en Bretagne au XVe siècle, 1877, 173-113). Dès lors, les réimpressions se succédèrent avec une rapidité qui témoigne d'un succès extraordinaire. L'œuvre de Meschinot, grâce peut-être à la protection que les ducs de Bretagne avaient accordée au poète, paraît avoir joui d'une vogue plus grande qu'aucun des recueils de poésies qui virent le jour à la fin du XVIe siècle, d'une vogue que n'obtinrent ni Villon, ni Coquillart. M. Brunet en enregistre 22 éditions, dont la dernière est datée de 1539, et sa liste est loin d'être complète. Il n'a connu qu'une des deux éditions d'Estienne Larchier, celle de 1593, et n'a fait non plus aucune mention d'une édition imprimée à Genève par Loys Cruse, dit Garbin. Un exemplaire de cette dernière édition, restée de même ignorée des bibliographes genevois, est conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon (n° 2599).
L'impression lyonnaise, que nous venons de décrire, dut paraître fort peu de temps après l'édition originale de 1493.
Sur la foi de l'abbé Goujet, Meschinot est généralement considéré comme un poète médiocre, sinon tout à fait insipide. Rien ne nous paraît plus injuste qu'une telle appréciation. Sans doute il y a dans ses œuvres de nombreuses traces du mauvais goût dans lequel tombèrent, à la suite des poètes de l'école picarde, tous les auteurs de la fin du XVe siècle ; mais on y trouve des sentiments honnêtes, souvent exprimés avec bonheur. Gringore semble avoir beaucoup lu les Lunettes des Princes, et s'en être inspiré dans plusieurs de ses ouvrages.
Havard (Martin), à Lyon : Marque typographique
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