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Identifiant Biblissima+ : https://data.biblissima.fr/entity/Q341576
Source des données : BnF Archives et manuscrits
Tome I. : 313 p. (y compris un f. blanc et le titre) et 3 f. pour le Privilége. — Ce volume contient : le Remerciement au Roy, Les Precieuses ridicules, Sganarelle, L'Estourdy et Depit amoureux.
Tome II. : 416 p. (y compris un f. blanc, le titre et 5 f. lim.) et 4 f. pour le Privilége. — Ce volume contient : Les Fascheux, L'Escole des maris, L'Escole des Femmes, La Critique et La Princesse d'Elide.
Tome III. : 306 p. (y compris un f. blanc et le titre), et 3 f. pour le Privilége. — Ce volume contient : Le Sicilien, Amphitryon, Le Mariage forcé et L'Avare.
Tome IV. : 317 p. (y compris un f. blanc et le titre) et 2 f. pour le Privilége. — Ce volume contient : George Dandin, Le Tartuffe ou l'Imposteur, Le Medecin malgré luy et L'Amour medecin.
Tome V. : 4 f., dont le premier est blanc, 323 p. et 2 f. pour le Privilége. — Ce volume contient : M. de Pourceaugnac, Le Misanthrope, et Le Bourgeois gentilhomme.
Tome VI. : 290 p. (y compris un f. blanc et le titre) et 3 f. pour le Privilége. — Ce volume contient : Psiché, Les Femmes sçavantes et Les Fourberies de Scapin.
Tome VII., 1675 : 150 p. (y compris le titre et 3 f. lim.). — Ce volume contient L'Ombre de Moliére, comedie [par BRÉCOURT] et Le Malade imaginaire.
L'édition que nous venons de décrire, bien qu'elle n'ait paru qu'après la mort de Molière, fut certainement préparée par lui-même. Ainsi qu'on l'a vu dans la note que nous avons jointe à la notice Rothschild 1174, le libraire Gabriel Quinet avait obtenu le 6 mars 1666 un privilège de six ans pour l'impression du théâtre de Molière ; il réussit à faire attribuer à ce privilège une durée de sept ans lorsqu'il le fit enregistrer sur les registres de la corporation. Le poète se vit ainsi dépossédé de ses propres ouvrages, aussi paraît-il être resté étranger aux éditions publiées en 1666 et en 1673. Plusieurs années s'écoulèrent avant que Molière pût faire respecter ses droits. Il obtint, il est vrai, en son nom personnel, le 18 mars 1671, un privilège de neuf ans, dont le texte est joint à chacun des six premiers volumes de l'édition de 1674 ; mais ce privilège ne suffit pas pour lui rendre immédiatement la libre disposition de ses pièces. Les lettres patentes du 18 mars 1671 étaient cependant conçues dans des termes qui semblaient exclure toute équivoque : « Notre cher et bien amé Jean-Baptiste Pocquelin de Moliére » y est-il dit, » nous a tres-humblement fait remontrer qu'il avoit par ci-devant composé pour nostre divertissement plusieurs piéces de theatre, partie desquelles il auroit fait imprimer par divers imprimeurs ou libraires en consequence des priviléges que nous luy en avons accordé [sic] pour l'impression de chacune en particulier ; mais la plus part desdits priviléges estant expirez et les autres prés d'expirer, plusieurs desdites piéces ont esté reimprimées en vertu de lettres obtenues par surprise en nostre grande chancellerie, portant permission d'imprimer ou faire imprimer les Œuvres dudit Moliére, sans en avoir son consentement, dans lesquelles reimpressions il s'est fait quantité de fautes qui blessent la reputation de l'autheur, ce qui l'a obligé de revoir et corriger tous ses ouvrages pour les donner au public dans leur derniére perfection ; mais, comme il luy faut une grande dépense, tant pour l'impression que pour les figures qu'il fait graver, il craint que quelques envieux de son travail ne lui fassent contrefaire par concurrence, de mesme que l'on a déja fait, plusieurs desdites piéces... » Ce texte établit : 1° que l'édition de 1666 et, partant, celle de 1673, qui n'en est que la copie, n'ont pas été revues par Molière (cette remarque suffit pour expliquer que l'on y ait conservé les commentaires dont le sieur de Neufvevillenaine avait accompagné Sganarelle, tandis que les commentaires ont disparu en 1674) ; 2° que celle de 1674 a été au contraire préparée par lui ; 3° que cette dernière édition devait être accompagnée de figures dont la place est occupée non seulement en tête, mais dans le corps même des volumes par des feuillets blancs.
Pour arrêter les spéculations que les libraires faisaient à son préjudice, Molière fit signifier par huissier à la corporation, le 14 août 1671, le privilège qu'il avait obtenu au mois de mars précédent (on a eu soin de joindre, dans l'édition de 1674, le texte de la sommation à celui du privilège). Les libraires ne pouvaient se refuser à l'enregistrement, mais ils ne le firent qu'en ajoutant une réserve : « sans neantmoins que le present enregistrement puisse nuire ou préjudicier à ceux ausquels ledit sieur de Moliére avait cedé aucun privilége desdites piéces de theatre par luy composées, ou leur empescher l'impression de celles dont les priviléges n'estoient écheus avant l'obtention de la presente continuation de privilége. » Cette réserve explique l'existence de l'édition de 1673. L'impression des deux volumes de 1666 n'ayant été achevée que le 23 mars de cette année, le privilège accordé à Gabriel Quinet n'expirait que le 23 mars 1672, ou plutôt le 23 mars 1673, par suite de la fraude commise lors de l'enregistrement. La réserve formulée par la corporation des libraires permit encore de former des recueils factices de pièces séparées et de les mettre en vente avec des titres également datés de 1673 (voy. Bibliographie Moliéresque, n° 268).
Le privilège du 18 mars 1671 fut cédé par Molière à Claude Barbin.
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