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Identifiant Biblissima+ : https://data.biblissima.fr/entity/Q337313
Source des données : BnF Archives et manuscrits
Collation des f. lim. : 1 f. blanc ; 1 f. de titre ; 4 f. pour une épître « A madame de Pontac, premiére presidente de Bourdeaux » ; 2 f. pour une épître » A monseigneur de Bussillet, seigneur de Messimieu, chevalier de l'ordre du roy, gentilhomme ordinaire de sa chambre, conseiller de Leurs Altesses Royales, monseigneur le duc d'Orleans et Mademoiselle, sa fille, chevalier d'honneur au parlement de Dombes, et nommé gouverneur de l'isle de*** ». Cette dernière épître est datée de Trévoux, le 31 décembre 1658.
La Relation de l'Isle imaginaire est l'œuvre de Mlle DE MONTPENSIER, qui l'écrivit pendant l'automne de l'année 1658, lors d'un voyage qu'elle fit à Trévoux ; elle en parle elle-même dans un curieux passage de ses mémoires : « Il y a un certain chevalier d'honneur au parlement de Dombes ; c'est une charge assez extraordinaire, mais les gens de feu mon pére étoient habiles à en creer de toutes façons pour avoir de l'argent. Ils prirent exemple sur le parlement de Dijon. Ce chevalier est un homme assez comique qui me divertissoit, ayant des démêlés admirables avec sa compagnie. La veille que je partis pour Dombes, je lui dis que l'on me vouloit vendre une île dont je voulois lui donner le gouvernement. Il me remercia fort et m'en demanda le nom. Je lui dis que je ne le savois pas encore et que l'on me le devoit envoyer au premier ordinaire, et la description de l'île. Le soir que j'arriva à Trévoux, je m'en allai dans mon cabinet, et je commençai cette relation. Le lendemain je fus à la messe à l'église... Comme c'étoit un dimanche et que l'on doit le bon exemple à ses sujets, j'allai à vêpres, et, à mon retour, je trouvai les lettres de Paris ; Messimieux eut grand soin de me venir demander des nouvelles de l'île ; mais, comme je n'avois pas eu le loisir de l'achever, je lui répondis que la moitié de mes lettres étoit demeurée à Lyon, mais que je l'aurois assurément le lendemain. Je l'achevai le soir, et le lundi tout le jour on la copia, car il faut plus de temps à transcrire ce que je fais que je n'en mets à l'écrire ». (Mémoires de Mlle de Montpensier, collationnés sur le manuscrit autographe par M. Chéruel, III, 340.)
Nous apprenons par le Segraisiana (La Haye, 1722, in-12, 154 et 196) que la Description fut imprimée à Bordeaux, par les soins de SEGRAIS, qui doit être l'auteur des deux épîtres dédicatoires. Il n'en fut tiré que 100 exemplaires, que Mademoiselle distribua elle-même à ses amis. « Sous des noms empruntés, dit Segrais, elle y a mêlé beaucoup de choses satiriques contre les dames de la cour... Les personnages ne sont pas inventés à plaisir : la princesse de Paphlagonie, c'est Mlle de Vandy ; Cyrus, M. le Prince ; la princesse Parthenice, Mme de Sablé ; la reine des Amazones, Mademoiselle elle-même. »
On a conservé, sur la garde de cet exemplaire, l'ex-libris d'un ancien propriétaire, JEAN THOMAS AUBRY, prêtre, docteur de Sorbonne.
De la bibliothèque de M. le comte O. DE BÉHAGUE (Cat., n° 986).
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