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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Le titre, dont le v° est blanc, porte la marque de l'imprimeur lyonnais Martin Havart, marque dont nous avons donné la reproduction dans la notice Rothschild 458.
Le volume est orné de 11 figures gravées sur bois.
L'Abuzé en court est une composition allégorique écrite en prose et en vers ; il est attribué à RENÉ D'ANJOU dans l'édition imprimée par Colard Mansion, à Bruges, avant 1480. Cette attribution a été généralement admise ; aussi M. de Quatrebarbes, l'éditeur des Œuvres du roi René (Angers, 1845-1846, 4 vol. gr. in-4), y a-t-il fait entrer (IV, 63-164) l'ouvrage qui nous occupe. Il a même cru y reconnaître des allusions aux malheurs du prince, obligé de quitter l'Anjou pour se réfugier en Provence.
M. Vallet de Viriville, qui a consacré au roi René un important article de la Nouvelle Biographie générale (XLI, 1009), ne partage pas l'avis de M. de Quatrebarbes. A l'autorité de Colard Mansion il préfère celle des manuscrits ; or, un ms. de la Bibliothèque nationale (fr. 12775, olim Suppl. franç., 1967) se termine par la mention suivante : Cy fine l'Abuzé en court, compousé par noble homme CHARLES DE ROCHEFORT. Ce dernier personnage serait, selon M. Vallet de Viriville, le véritable auteur du poème.
Charles de Rochefort est inconnu dans l'histoire littéraire ; il y aurait sans doute lieu de l'identifier avec un conseiller et chambellan du duc de Bourgogne, qui était, en 1432, capitaine de gens d'armes pour Philippe-le-Bon, et premier chambellan du comte d'Estampes. Ce Charles de Rochefort mourut à Bruges en 1438. Voy. Anselme, Hist. généalogique, VI, 413.
L'Abuzé en court eut un grand succès à la fin du XVe siècle ; mais, au siècle suivant, le goût des allégories avait fait place à des idées nouvelles, et Rabelais (II, vii) se moque de cet ouvrage, sous le nom de Beliné en court, dans le catalogue grotesque qu'il a donné des livres de l'abbaye de Saint-Victor.
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