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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Les deux chansons réunies dans ce recueil étaient destinées à être vendues à la porte des églises pour la plus infime pièce de monnaie. Elles sont l'une et l'autre imprimées sur des feuilles volantes, dont le v° est blanc, dans ce format d'agenda employé pendant le premier siècle de l'imprimerie pour les mystères, les farces et autres productions populaires. La première, dont le texte a 228 mm. de hauteur, sur 49 de largeur, est imprimée en lettres de forme très nettes ; elle commence ainsi :
Chanson nouvelle sur le chant : Qnand je fus prins devant Peronne.
Resveillez vous, cueurs endormis, Mondains remplis de negligence...
La seconde, dont le texte mesure 238 mm. sur 55, est imprimée en caractères gothiques ordinaires ; en voici l'intitulé et les deux premiers vers :
Sur : Helas ! que vous a fait mon cueur || Ma dame qui le gardez tant.
Peuple, par dure affection, Qui as grandement offencé...
Cette seconde pièce rappelle
Le deluge qui a esté A Romme et en autres contrées,
et paraît ainsi faire allusion à l'inondation qui eut lieu en 1530. La chanson Helas ! que vous a fait mon cueur || Ma dame qui le gardez [ou le hayez] tant, était alors dans toute sa vogue. Cette pièce, qu'il ne faut pas confondre avec une autre chanson plus ancienne : Hellas ! que vous a fait mon cœur ? || Bien je le doy triste nommer (Paris, Chansons du XVe siècle, n° 33, p. 36), est notée en 1529 par Antoine de Arena comme une « basse danse à 19 » ; on en trouve le texte dans le recueil intitulé : Plusieurs belles Chansons, 1535, n° xx, dans les Chansons nouvelles (Paris, Alain Lotrian, 1543, pet. in-8 goth., fol. 19 b) et dans divers chansonniers de la seconde moitié du XVIe siècle. La mélodie nous a été conservée dans le Recueil des plus belles et excellentes chansons (Paris, Locqueneulx, 1588, in-12), fol. 222 a.
Voy. Recueil de Poésies françoises, X, 54-60.
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