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Collection IIIF
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Numérisation intégrale
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription - Commentaire d'une scène.
Lieu de conservation - On ignore l'emplacement primitif de ce chapiteau. Il fut trouvé en 1837, rue des Trois-Piliers, lorsqu'on creusa les fondations de l'hôtel Cuissard (aujourd'hui hôtel des Trois-Piliers). Il fut déposé au Musée de l'Hôtel de Ville à cette date.
Support et dimensions - Pierre.
Transcription - 1. DVRANT[V][*] ET A...
2. NOM BAR RRUMLISME ⋮ VI
3. [GOFREDVS O]DO PEPEVNTINN[VS] BERTA DVRANTE ROTVARTD[O]
Remarques paléographiques - Le texte, écrit en caractères très irréguliers, est gravé sur le tore du chapiteau. Il est disposé sur trois lignes de longueur très inégale. Trois points verticaux précèdent le mot vi.Une seule lettre onciale : E (l. 1).
Commentaire historique et datation - Ce chapiteau est habituellement dit "chapiteau de la discorde". La scène centrale de la corbeille donne en effet l' impression d'une lutte dans laquelle s'affrontent deux hommes qui se tirent par la barbe et se menacent d'une hache ou d'une serpe. Deux femmes semblent vouloir les retenir. Du côté gauche de la corbeille, deux personnages, non barbus, munis de béquilles, se tiennent enlacés tandis que, de l'autre côté, un homme muni d'une serpe est juché sur un arbre.
Emile Mâle rapproche ce chapiteau d'une Apocalypse de Beatus, très comparable à celle de Saint-Sever, qu'aurait pu posséder la collégiale de Saint-Hilaire[*]. En consultant le manuscrit de Saint-Sever, il a relevé au bas d'une page une scène comparable à celle qui est représentée sur le chapiteau[*]. On y voit deux hommes chauves, se heurtant front contre front, qui se saisissent à la barbe. Une femme contemple cette scène au-dessous de laquelle est écrit le vers latin "Frontibus attritis barbas conscindere fas est". La comparaison entre le chapiteau et le manuscrit révèle certaines analogies, mais montre aussi des différences sensibles: le sculpteur a figuré des personnages chevelus et non chauves, les femmes, au nombre de deux, jouent un rôle actif et non contemplatif. De cette comparaison retenons la note humoristique contenue dans le vers latin, note qui, à notre sens, se retrouve aussi dans la sculpture. Toutefois, aucune scène comparable n'a, à notre connaissance, été constatée dans les thèmes que transmettront les fabliaux. On a également comparé ce chapiteau à l'un de ceux de
l'église de La Celle-Bruère (Cher) où l'on lit le nom de Frotoardus[*]. Le rapprochement n'apporte pas d'éléments concluants, d'autant que des scènes analogues, souvent anépigraphes, sont illustrées par de nombreuses autres sculptures, dont les sources demeurent mystérieuses et qui n'ont jamais fait l'objet d'une étude d'ensemble[*]. Katzenellenbogen voit dans ce chapiteau une opposition entre Concorde et Discorde[*].
L'épigraphie ne permet guère, non plus, d'éclairer la scène. Les noms propres qui figurent à la dernière ligne correspondent peut-être à six des sept personnages représentés: Gofredus (?), [Odo pepeuntinn[us] - ce dernier mot représentant peut-être un surnom, du type "celui qui a la pépie, l'assoiffé" -Berta, Durante, Rotuartd[o] et, sous le personnage féminin, la lettre A qui pourrait être aussi le début d'un nom. La première ligne signale un Durant[u] et semble incomplète puisqu'elle s'arrête après un et. La ligne médiane semblerait formée par des noms communs: bar[ba] (?), vi (de vis, violence ?), ...rrumlisme (du latin garrulus, bavard ?). Le chapiteau est généralement daté de la fin du XIe ou du début du XIIe s.
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