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Manifeste IIIF
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription — Épitaphe d'un abbé.
Lieu de conservation — L'inscription provient de l'église abbatiale de Nanteuil-en-Vallée. Elle a été transférée au Musée de la Société archéologique et historique de la Charente à Angoulême à une date indéterminée. L'original est conservé dans la salle des réserves. Un moulage est exposé dans la galerie lapidaire.
Support et dimensions — Pierre recouverte d'ardoise de 20 x 23, 4cm. Hauteur des lettres : entre 0,7 et 1,5cm.
Transcription — 1. + ANNO AB INCARNACIONE
2. DOMINI MILLESSIMO •I•I• PRIDIE
3. KALENDAS FEBROARI : OBII DOM
NVS AIMERICVS EX CA
NONICO MONACVS
ET VENERABILIS ABA NAN
TOLIENSIS ANGERIA
CENSI ET QUINCIACO :
CENOBIORVM : AMEN
Traduction — L'an de l'incarnation du Seigneur 1002, la veille des calendes de février, mourut le seigneur Aimeri, d'abord chanoine, puis moine et vénérable abbé des monastères de Nanteuil, d'Angély et de Quinçay. Amen.
Remarques paléographiques — Lignes tracées à l'avance. Écriture irrégulière, les premières lignes du texte sont gravées en caractères plus serrés et plus petits que ceux des lignes suivantes. Les premières lettres sont tracées en doubles traits, de même que deux lettres de l'avant-dernière ligne. Le graveur, qui a utilisé un support un peu abîmé, a été conduit à espacer certaines syllabes ou certaines lettres. Ponctuation peu employée : un point médian entre les deux I marquant les unités de la date, trois points verticaux après la formule de datation et après l'énumération des monastères, et quatre points avant amen. Les liaisons de lettres se font principalement par conjonctions (12), plus rarement par enclavements (3) et pas du tout par entrelacement. Onciales peu nombreuses : 2 D, 2 E et 2 M. On notera la présence de lettres carrées : 4 C et 1 G ainsi que le ductus particulier du A de amen et du dernier C de Quinciaco. La forme des O est variable : certains sont très arrondis, d'autres en navette (monacus), d'autres enfin sont piriformes (Quinciaco). Les jambages de plusieurs M sont encore très écartés.
Remarques linguistiques — Latin parfois fautif : obii, pour obiit, febroari pour febroarii. En revanche l'orthographe aba se rencontre assez fréquemment pour désigner l'abbé, père des moines.
Commentaire historique et datation — Aimeri est mentionné comme abbé de Saint-Jean-d'Angély dans une charte de donation datée des années 989-992[*]. Il figure, sans date, dans la liste proposée par le Gallia[*]des abbés de Nanteuil-en-Vallée. Son épitaphe est le plus ancien document que l'on possède sur cette abbaye[*]. Il n'est pas cité dans la liste des abbés de Saint-Benoît-de-Quinçay. L'inscription a très certainement été composée à la mort du défunt.
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