Poitiers. Musée Sainte-Croix - Épitaphe de Adda (CIFM I, 84)

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Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)

  • Fonction de l'inscription - Epitaphe d'une laïque.

    Lieu de conservation - Inscription découverte en 1849, près de Saint-Hilaire-le-Grand.

    Donnée à la Société des Antiquaires de l'Ouest en 1850.

    Support et dimensions - Le bloc de schiste ardoisier a été scié à sa partie droite,

    Fragment de 108 x 40cm. Epaisseur: 6,5cm, Champ épigraphique troisième ligne: 82,3cm, Interligne: 5, 3cm.

    Transcription - En 1863 trois des bords manquaient[*]

    1. [+ AD]DA DEO DILECTA CHORIS PERM[IXTA SVPERNIS]

    2. POSSIDET AETERNI ⋮ REGNA B[EATA POLI]

    3. RAMNVLFI CONIVNX SED CH[RISTI SPONSA FIDELIS]

    4. NOBILIS IN SANCTIS ⋮ ACTI[BVS EMICVIT]

    5. OBIIT IN PACE KALENDIS IVLIIS F[ELICITER AMEN]

    Traduction - Adda, chérie de Dieu, mêlée aux choeurs célestes,

    possède les royaumes bienheureux du Ciel éternel.

    Femme de Renoul, mais épouse fidèle du Christ, sa noblesse brilla dans la sainteté de ses actes.

    Elle mourut en paix aux calendes de juillet.

    Qu'elle soit heureuse. Amen.

    Remarques paléographiques - L'inscription, commençant par une croix, est disposée sur cinq lignes préalablement tracées. Ponctuation encore peu usitée: trois points verticaux (1. 2 et 4) coupent les phrases au détriment de la syntaxe. Une seule onciale: H de choris (1. 1); deux C carrés sur huit; un O en losange (1. 2).

    Remarques linguistiques - Les quatre premières lignes forment deux distiques élégiaques. Les pentamètres sont légèrement décalés par rapport aux hexamètres[*]. Latin classique, la diphtongue est maintenue. Certains termes traduisent une recherche que l'on s'attend à trouver lorsqu'il s'agit de vers: choris, poli, emicuit, regna beata. Le vocabulaire est très proche de celui d' Alcuin.

    Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules - La formule feliciter ne se retrouve dans aucune autre inscription carolingienne du Poitou, elle est signalée à plusieurs reprises dans le recueil des inscriptions chrétiennes de Le Blant.

    Commentaire historique et datation - On a d'abord vu en Adda l'épouse de Renoul 1er qui tint le comté entre 839 et 866, mais cette hypothèse ne résiste guère à l'examen[*]. Il paraît bien préférable de reconnaître en elle la femme de Renoul II, comte de Poitou entre 878 et 890. Le texte même de l'épitaphe indique la noblesse d'Adda; de plus, la mention à cette époque du nom du mari fait penser qu'il s'agit d'un grand personnage et, surtout, l'obituaire de Saint-Germain-des-Prés cite la comtesse Adda, femme de Renoul, le 1er juillet[*]. Le nom de Renoul figurait sur une autre inscription de Saint-Hilaire[*].

    Les épigraphes sur ardoise sont rares à l' époque carolingienne. On en connaît notamment deux autres en Anjou, région de schiste ardoisier[*].

Bibliographie

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