Angoulême. Musée, Bâton épiscopal (CIFM III, Charente, 18)

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Manifeste IIIF

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Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)

  • Fonction de l'inscription — Commentaire d'une scène par une citation liturgique.

    Lieu de conservation — Cette crosse épiscopale émaillée est dite, dans l'identification proposée par le Musée, de Hugues Tison et aurait été trouvée dans le tombeau de cet évêque d'Angoulême, mort en 1159[*]. Elle est conservée dans une vitrine exposée dans le hall d'entrée du Musée de la ville[*].

    Support et dimensions — Hauteur de la partie émaillée : 30cm. Hauteur des lettres : 5cm.

    Transcription — Sur un côté de la volute :

    + AVE MARIA ⁝ DE ⁝ GRACIA PLENA ⁝ DOMINVS ⁝ TESCVM ⁝ BENEDICTATVS ⁝

    De l'autre côté :

    + V MILIERIBVS ⁝ ET ⁝ BENDIC ⁝ TVS ⁝ FVRVCTVS ⁝ VENTRI TVI ⁝ AMEN

    Traduction — Salut, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. Tu es bénie

    entre les femmes et le fruit de tes entrailles est béni. Amen.

    Remarques paléographiques — Le texte, gravé entre deux lignes préalablement tracées, épouse la forme de la volute de la crosse. Lettres bien dessinées aux onciales nombreuses : tous les E tous les M, la plupart des T ainsi que quelques A et quelques V. La plupart des hastes sont perlées. Ponctuation assez régulière par trois points verticaux, parfois placés au milieu d'un mot (benedictus).

    Remarques linguistiques, Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules — Le texte de la salutation angélique, inspiré de Luc (I, 28 et 42), reproduit l'Ave Maria de la liturgie dans un latin bien peu sûr : de gracia plena, tescum, benedictatus (benedicta tu es), milieribus, fuructus (fructus), ventri et bendictus, amputé d'un E. On a l'impression que ce texte, déjà très répandu aux XIIe et XIIIe s., est transcrit par quelqu'un qui le sait par coeur mais ne connait pas le latin.

    Commentaire historique et datation — Ce texte forme le commentaire de l'Annonciation représentée à l'intérieur de la volute.

    L'attribution de cette crosse à Hugues Tison ou Hugues de la Rochefoucauld, evêque d'Angoulême entre 1148 et 1159, ne paraît guère possible, car il conviendrait alors de dater cet objet de la fin de la première moitié du XIIe s., ce que dément la paléographie qui, de façon évidente, indique le XIIIe s. Il semble d'ailleurs assez difficile d'identifier avec certitude le lieu d'inhumation précis du prélat.

    Inédit.

Bibliographie

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