Angoulême. Musée, Première pierre de Saint-Cybard du Peyrat (CIFM III, Charente, 17)

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Manifeste IIIF

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Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)

  • Fonction de l'inscription — Pose d'une première pierre.

    Lieu de conservation — Cette pierre, provenant de l'ancienne priorale Saint-Cybard du Peyrat, se trouve au Musée de la ville. La seconde partie de l'inscription gravée sur la pierre est pratiquement illisible sur l'original. Mais un moulage très fidèle de cette inscription est conservé dans la galerie lapidaire du Musée de la Société archéologique et permet de donner une transcription intégrale du texte primitivement gravé.

    Support et dimensions — Pierre de 38 x 50,5cm. Hauteur des lettres : entre 2,5 et 3,5 cm pour les onze premières lignes.

    1. HV[NC P]RIMVM POS

    2. SVIT L[AP]IDEM GVILELMVS

    3. ANTIS[T]ES IN NOMINE

    4. SANCTE TRINITATIS

    5. ET INDIVIDVE

    6. VNITATIS

    7. ANNO MLXV

    8. ET POSVIT HIC PVL

    9. CHERIVM GRAMA

    10. TICVM ET EDE NV

    11. TRITVM ⋮ CATONEM ⋮ COG

    12. NOMENTO

    Traduction — L'évêque Guillaume posa cette première pierre au nom de la sainte Trinité et de l'indivisible Unité, en l'année 1065. Et il déposa ici les restes de Pulcherius le grammairien, nourri en ce temple, surnommé Caton.

    Remarques paléographiques — Lignes préalablement tracées. Écriture irrégulière, la dernière ligne est gravée en caractères nettement plus petits que le reste du texte. Ponctuation peu apparente aujourd'hui. On aperçoit encore sur le moulage trois points verticaux avant Catonem et quatre après. Les lettres onciales sont nombreuses et variées : 10 E sur 12, 2 H sur 3, 5 M sur 6, ainsi que 1 N, 1 T et 2 V. On remarquera aussi le ductus particulier des A de gramaticum, du second L de Guilelmus. ainsi que des V de Guilelmus et de unitatis.

    Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules — La formule in nomine sancte Trinitatis et individue Unitatis est fréquemment employée dans les chartes.

    Commentaire historique et datation — L'évêque Guillaume cité dans cette inscription est vraisemblablement Guillaume de Montbron, évêque de Périgueux entre 1060 et 1081, puisque la priorale de chanoines réguliers Saint-Cybard du Peyrat dépendait de son diocèse[*].

    Les seuls renseignements que l'on possède sur le grammairien Pulcherius sont fournis par cette inscription. L'expression ede nutritus signifie certainement que ce personnage fut, dès son jeune âge, élevé dans un bâtiment monastique où il aurait acquis les connaissances qui lui valurent le surnom de Caton. Ce n'est d'ailleurs pas là un cas unique, le surnom de Caton est employé à plusieurs reprises pour désigner des religieux d'une particulière sagesse ou d'une grande culture[*]. La pierre est datée de 1065. C'est certainement une des plus anciennes - peut-être la plus ancienne-des "premières pierres" portant une inscription qui soient conservées.

Bibliographie

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