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Manifeste IIIF
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription — Épitaphe d'un abbé.
Lieu de conservation — Tombeau placé dans la crypte.
Support et dimensions — Longueur du support : 2,25m. Hauteur des lettres : face occidentale : 5cm, face méridionale : 4,5cm.
Transcription — Face occidentale :
HIC REQVIESCIT SANCTVS MAXENTIVS ADIVTOR
Face méridionale :
1. MAGNO QVI MERITO CAELI SVPER ASTRA QVIESCIT HOC VENERANDA IACENT
MAXENTII MEMBRA LOCELLO
2. ALTER AB HILARIO PATRIAM NAM PROTEGIT ISTAM QVI PIVS[*]ADIVTOR
DICTVS BABTISMATE SACRO
Traduction — Ici repose saint Maixent le Secourable.
Par son grand mérite Maixent repose au-dessus des astres du ciel.
Ses membres, dignes de vénération, gisent en ce simple lieu. Le
premier après Hilaire, il protège ce pays, lui, le saint, qui lors
de son baptême sacré fut appelé le Secourable.
Remarques paléographiques — Lignes tracées à l'avance. Certaines lettres sont plus petites que l'ensemble des autres caractères. Aucune ponctuation. Nombreuses liaisons de lettres par conjonctions (dont une inversée, dans alter), ou enclavements. Une seule onciale : E dans babtismate. Tous les C sont carrés, hormis celui de sanctus, ainsi que les deux G.
Remarques linguistiques — L'inscription de la face méridionale du tombeau est formée de quatre hexamètres. Maintien de la diphtongue dans caeli.
Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules — Le début du troisième vers : Alter ab Hilario paraît calqué sur la tournure Alter ab illo que l'on trouve dans Virgile (Buc. V, 49).
Commentaire historique et datation — On peut se demander s'il ne serait pas préférable de lire :... qui prius Adjutor..., comme l'avait déjà suggéré A. Richard[*]. En effet, les textes parvenus jusqu'à nous semblent bien indiquer que le disciple d'Agapit, baptisé sous le nom d'Adjutor, ne prit celui de Maixent qu'après s'être établi sur les bords de la Sèvre. On relève à ce propos dans les Actes[*]: Ita ut qui prius fuerat nuncupatus Adjutor, Maxentius deinceps in eo monasterio vocaretur. Deux vers insérés dans la Chronique de Saint-Maixent viennent également étayer cette hypothèse[*]:
Qui prius Adjutor baptismi lege[*]vocatur,
Post ne noscatur Maxentius ultra vocatur.
À l'encontre de cette hypothèse, on notera l'état même du texte qui porte pius, et le rapprochement probable entre protegit et Adjutor.
Adjutor Maixent fut attiré en Poitou par la renommée d'Hilaire. Il succéda à Agapit à la tête du monastère édifié par celui-ci et il y reçut sépulture. Pour échapper au péril normand, les moines de Saint-Maixent durent quitter leur monastère, et gagnèrent la Bretagne où leur présence est attestée à Saint-Sauveur de Redon, en 866. Ils y séjournèrent, avec leurs reliques, une trentaine d' année environ et reprirent ensuite le chemin de l'abbaye poitevine. De nouvelles attaques normandes les détournèrent vers l'Est.
Ils s'arrêtèrent à Ingrandes, puis à Candé. On les retrouve en Auvergne où ils fondent Ebreuil, puis en Limousin (fondation de Meymac). Les reliques de saint Maixent revinrent en Poitou sous l'abbatiat d'Adémar de Thouars, au début du Xe s.[*]La Chronique de Saint-Maixent atteste la construction, en 1059, d'un nouveau tombeau au successeur d'Agapit[*]: Anno MLVIIII corpus beati Maxentii Adjutoris ostensum est, et conditum ei istud sepulcrum novum et dedicatum, VI° nonas octobris, temporibus Ainrici imperatoris et nichilominus Ainrici regis Francorum et Goffredi comitis, atque Isemberti Pictavensis episcopi, et Archimbaudi archiepiscopi Burdegalensis et abbatis coenobii Adjutoris Maxentii[*]. C'est vraisemblablement vers cette date que fut gravée l'épitaphe du tombeau.
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