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Collection IIIF
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Numérisation intégrale
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription — Épitaphe d'un maître d'oeuvre.
Lieu de conservation — Pierre encastrée à l'angle nord-ouest du mur nord, à l'extérieur de l'édifice. Cette épitaphe, qu'en 1675 dom Estiennot signale in porticu basilicae, fut retrouvée lors des restaurations de 1930.
Support et dimensions — Pierre de 138 x 24cm, placée à 2,06m du niveau du sol[*].
Transcription — 1. + A BERENGARIVM TEGIT HIC LAPIS I[NCINERA] TVM
2. ARTE MONASTERIVM EVIVS FVIT EDIF[I]CA TVM
3. QVEM PETRA DEFVNCTVM CEL[AT] CELAR[E] VOLE BAT
4. PETRAS CVI PETRVS PETR[A D]EO ANTE FAVE BAT
[Inscription]
Traduction — Las ! Cette pierre couvre les cendres de Béranger qui, par son art, édifia ce monastère.
Défunt, la pierre le cache, lui qui voulait travailler des pierres au ciseau et par la pierre de qui Pierre auparavant glorifiait Dieu.
Remarques paléographiques — Écriture régulière et soignée. Il semblerait que chaque mot ait été séparé par trois points verticaux. Abréviations rares. Aucune liaison de lettres. Nombreuses onciales : tous les E, la plupart des T, un M et un N.
Remarques linguistiques — L'inscription forme 4 hexamètres groupés deux à deux par une rime commune qu'un léger trait réunit aux vers auxquels elle s'applique.
Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules — Le jeu de mots entre petra et Petrus, employé par le Christ s'adressant à saint Pierre (Mt. XVI, 18) : Tu es Petrus et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam, se retrouve fréquemment dans les inscriptions.
Commentaire historique et datation — Il est possible de reconnaître en la personne du Béranger cité un maître d'oeuvre ou un artisan du monastère. On a quelquefois voulu prendre le premier mot du texte pour l'initiale du prénom de Béranger. Cette hypothèse est sans doute à rejeter puisqu'on retrouve dans l'obituaire de l'abbaye, conservé à la bibliothèque de l'Université de Yale (f° 12, un Berengarius, prénommé Guillelmus et qualifié de cementarius[*]. Il s'agit vraisemblablement de la même personne. Béranger a pu également jouer un rôle dans les travaux de restauration de la cathédrale de Saintes, comme le laisse supposer la dernière ligne de son épitaphe. En effet le Petrus auquel il est fait allusion est sans doute un des deux évêques de ce nom qui occupèrent le siège de Saintes au cours du premier quart du XIIe siècle. Par ailleurs un nouveau cementarius, le clerc Jean, est cité par le cartulaire de l'abbaye en 1137[*]. L'écriture de l'inscription correspond bien au début de ce siècle.
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