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Manifeste IIIF
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription - Consécration d'un autel.
Lieu de conservation - Inscription disparue ; l'autel était placé dans l'absidiole orientale du transept sud[*].
Support et dimensions - Pierre.
Transcription - 1. HOC ALTARE • XIIII • KALENDAS FEBRVARII • EST
CONSECRATVM IN HONORE SANCTORVM
2. CONFESSORVM • BENEDICTI • EGIDII • ET PHILIBERTI •
ODDONIS
3. MAIOLI • ET ODILONIS • OMNIVMQVE CONFESSORVM ABBATVM •
4. ATQVE IBI SVNT CONDITAE • RELIQVIAE SANCTORVM
MARTYRVM • INNOCENTII EXVPE-
5.RII • ATQVE MARTHE • AVDIFAX • ET ABACVC •
FILIORVM EIVS •
Traduction - Cet autel a été consacré le 14 des calendes de février
(19 janvier), en l'honneur des saints confesseurs Benoît,
Gilles et Philibert, Odon, Maleul et Odilon, et de tous
les confesseurs abbés. Ont été également déposées ici les
reliques des saints martyrs Innocent, Exupère, ainsi que
celles de Marthe et de ses fils Audifax et Abacuc.
Remarques paléographiques - Inscription qui, d'après le fac-similé, paraît très proche de la précédente quant à sa composition et à son écriture. Un point médian isole la date et sépare les uns des autres les mots de l'énumération ou les membres de phrases. Les finales en -orum paraissent semblables à celles des deux inscriptions précédentes. Le fac-similé ne fait pas état de lettres onciales.
Remarques linguistiques - Maintien de la diphtongue, sauf dans le génitif Marthe (1. 5).
Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules - Formule de consécration (cf. inscriptions 72 et 73).
Commentaire historique et datation - Le texte énumère plusieurs abbés, insignes par leurs mérites: saint Benoît de Nursie, patriarche des moines ou saint Benoît d'Aniane, saint Gilles qui d'après sa Vie -très légendaire -aurait vécu au VIe siècle, Philibert de Noirmoutier, fondateur de plusieurs monastères, qu'a célébré Alcuin. A cette liste
sont joints trois des premiers abbés de Cluny: Odon, Maïeul et Odilon[*]. Les reliques déposées dans l'autel étaient celles des martyrs Innocent et Exupère, soldats de la légion thébaine, ainsi que celles de Marthe et de ses deux fils Audifax et Abacuc, massacrés à Rome vers 270, sur l'ordre de l'empereur Claude II. La présence de cet autel est signalée par le moine Martin qui écrit: "In destro brachio consecratum est [altare] a predicto Amato Burdegalense in honore patris Benedicti, Oddonis, Maioli et Odilonis aliorumque confessorum abbatum"[*]. L'épiscopat d'Amat se situe entre 1089 et 1102. Mais, comme l'on sait que tous les autels de Montierneuf étaient consacrés en janvier 1096, il convient de placer la bénédiction de cet autel entre 1089 et 1096.
La chronique du moine Martin nous renseigne également sur les autres autels du déambulatoire, en indiquant à la fois le nom du prélat consécrateur et les saints en l'honneur de qui les autels étaient consacrés. L'autel de la chapelle axiale (n° 6 du plan) fut consacré "in honore Baptiste Johannis et beati Marchi evangeliste beateque Marie que pedes Christi unguento unxit" par l'archevêque Guillaume d'Auch[*]. L'archevêque de Bordeaux, Amat, bénit l'autel de la chapelle nord du déambulatoire (n° 5 du plan) "in honore beatorum Hilarii, Martini et Marcialis aliorumque confessorum episcoporum"[*]. La chapelle sud du déambulatoire (n° 7 du plan) possédait un autel que consacra l'évêque de Poitiers Isembert II, mais, comme ce prélat était alors frappé d'interdit[*], l'autel fut détruit et un autre fut érigé "in honore beatorum apostolorum Petri et Pauli ac Jacobi aliorumque apostolorum", et consacré par l'archevêque d'Auch, Guillaume[*]. Enfin, un autel dédié à la Croix existait dans la nef de l'église (n° 8 du plan). Ce fut devant cet autel que l'on transféra, en 1087, la dépouille du
comte Guy-Geoffroy-Guillaume, afin de la placer dans le mausolée qui lui était destiné[*].
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