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Manifeste IIIF
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription - Epitaphe d'un moine.
Lieu de conservation - On ignore l'emplacement qu'occupait cette pierre dans l'église. Elle fut remise à la Société des Antiquaires de l'Ouest avant 1844.
Support et dimensions - Pierre de 34,5 x 23cm. Champ épigraphique de la seconde ligne : 28cm. Hauteur des lettres: 1,5cm (1. 1), 1cm (1. 2).
Transcription - 1. ANNO DOMINICAE INCARNATIONIS
2. M : XCVII : OBIIT VITALIS MONACHVS BONE
3. MEMORIE HVIVS CENOBII SACRIS-
4. TA DE PRIMIS MONACHIS
5. DIRECTIS A SANCTISSI-
6. MO HVGONE CLVNIACEN-
7. SIVM ABBATE EXTITIT
8. NACIONE VENETVS
Traduction - L'an de l'Incarnation du Seigneur 1097
mourut le moine Vitalis, de bonne mémoire,
sacriste de ce monastère, l'un des premiers moines envoyés par le très saint Hugues,
abbé de Cluny. Il était vénitien de nation.
Remarques paléographiques - Pierre préalablement réglée. Les lettres de la première ligne sont plus hautes que celles des autres lignes. La pierre étant abîmée, le graveur a dû, par endroits, espacer certains mots, tels directis (1. 5), abbate (1. 7)1 extitit (1. 7), venetus (1. 8). Trois points verticaux isolent la date du reste du texte. Lettres onciales nombreuses: E (1. 3, 6,7), H (1. 6), M (1. 2, 3,4, 6) et T (1. 2,7,8). Diphtongue maintenue dans dominicae, mais absente dans bone memorie.
Remarques linguistiques - Le terme sacrista désigne le moine chargé de l'entretien de l'église abbatiale[*]. Le génitif pluriel cluniacensium -abbé des clunisiens -est surprenant, dans la mesure où on ne le trouve pas employé dans les chartes de Cluny.
Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules - La formule bone memorie fut employée dès les premiers siècles dans les inscriptions chrétiennes.
Commentaire historique et datation - Un moine Vitalis est nommé dans deux chartes de Montierneuf en 1077 et en 1088[*]. Saint Hugues devint abbé de Cluny en 1049. En 1095 il rencontra Urbain II qui consacra le nouvel autel majeur de l'église de Cluny. Il mourut le 29 avril 1109. L'épithète sanctissimus n'est employée qu'une fois, du vivant même de l'abbé Hugues, en 1100, dans les chartes de Cluny[*]. On la retrouve sur une autre épitaphe de Saint-Jean-de-Montierneuf.
L'inscription est datée de 1097, ce qui est parfaitement conforme à ce que nous savons de l'épigraphie de l'époque.
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