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Manifeste IIIF
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription — Épitaphe d'un chanoine.
Lieu de conservation — Inscription gravée à la base du clocher, à l'extérieur du mur nord, sur le pourtour de l'arcosolium de gauche et sur les trois claveaux faîtiers de l'arc qu'il dessine.
Support et dimensions — Hauteur des lettres gravées sur l'arcosolium : environ 6cm.
Transcription — La restitution proposée est faite d'après la lecture de Mgr Cousseau, cité par George et Daras :
1. HIC REQVIESCIT DOMNVS IT[ERI]VS ARCHEMB[AL]DI CANONICVS
HVIVS MATRICIS AECCLESIAE IN QVA MVLT[A OPER]A OPERATVS EST
2. O[B]IIT AVTEM DIE VIII IDVS AVGVSTI
3. AB INCARN[A]TIONE DOMINI
4. ANNO MCXXV
Traduction — Ici repose le seigneur Itier Archambaud, chanoine de cette église mère dans laquelle il effectua de nombreux travaux. Il mourut le huitième jour des ides d'août (6 août), l'an de l'incarnation du Seigneur 1125.
Remarques paléographiques — Aucun signe de ponctuation n'apparaît sur l'inscription. Abréviations nombreuses et classiques. Les liaisons de lettres se font presque exclusivement par conjonctions. Une onciale, dans hic, une autre dans le M de la date. On remarquera que le second jambage du second N de canonicus est barré, ce qui forme une croix correspondant au sommet de l'arc et faisant pendant à la croix placée au centre des claveaux faitiers.
Remarques linguistiques — La diphtongue est maintenue dans aecclesiae. Le terme de aeclesia matrix se rencontre parfois pour désigner l'église cathédrale et est attesté dès l'époque mérovingienne.
Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules — Formule hic requiescit.
Commentaire historique et datation — Itier Archambaud, prêtre et chanoine de la cathédrale d'Angoulême, est qualifié dans l'Historia pontificum de vir ditissimus super coaetaneos suos[*]. Son Épitaphe indique qu'il joua un rôle important dans l'érection de la cathédrale, rôle que précise d'ailleurs l'auteur de l'Historia en écrivant[*]: Ecclesiam vevo Engolismensem a primo lapide aedificavit [Givardus episcopus], in qua reaedificatione supradictus Itherius Archambaudi in constructione parietum expensarum medietatem de proprio suo ministrabat. De proprio suo aedificavit dormitorium, refectorium, cellarium, presbyterium, januas ferreas, et contulit praedicta, ecclesiae ecclesiam de Julac et de Rainemorvilla et de Touzac ; et ecclesiam de Juliaquet, quae manu laica alienata ab ecclesia Engolismensi fuerat, de manu militum qui dicuntur Coquenses ad jus Engolismensis ecclesiae revocavit ; et contulit praedictae ecclesiae CC. censuales solidos vel eo amplius ; constituit etiam de proprio unde XXIV pauperes semper alerentur in praedicta ecclesia in unaquaque Quadragesima, et acquisivit duodecim solidos in ecclesia de Touzaco, ad tunicas pauperum. La chronique ajoute qu'il dépensa également une somme importante pour l'achat de différents vêtements liturgiques. Selon cette même source : Obiit in senectute sua MCXXXV ab incarnatione Domini annos, IX kalendas augusti, et inter pontifices collatus, juxta pontificem Grimoardum, in capitulo sepultus est. Cette date de 1135 n'est pas donnée par tous les manuscrits de l'Historia, puisque deux d'entre eux indiquent M° C° XX° V° pour l'année, l'un de ces derniers, le manuscrit Baluze, mentionnant le VIII des calendes pour le mois. Si l'on admet que la date du décès d'Itier d'Archambaud est bien 1125, puisqu'on ne le trouve plus cité après, il faut penser que, ou le graveur ou le copiste, a fait une confusion entre les ides et les calendes. L'inscription a vraisemblablement été composée à la mort du chanoine[*].
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