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Identifiant Biblissima+ : https://data.biblissima.fr/entity/Q431285
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription — Épitaphe d'un évêque.
Lieu de conservation — Inscription située dans le bas-cote nord, à hauteur de la deuxième coupole. L'inscription a été refaite à l'époque moderne, mais la paléographie et la formulation du texte laissent supposer que l'on a recopié un modèle ancien.
Transcription — A ω
1. HIC ITERUM HUGONIS SUNT OSSA SEPULTA TISONIS
2. QUI FORTIS DENOS HIC SEDIT EPISCOPUS ANNOS
3. DUM FOVET ILLE GREGEM CONSTANTI PECTORE REGEM
4. ARCET SACRA AUSIS VIOLANTEM JURA PROFANIS
5. OBIIT PRIDIE IDUS OCTOBRIS ANNO AB INCARNATIONE : MCLIX
Traduction — Ici, de nouveau, sont ensevelis les ossements d'Hugues Tison,
Vaillant évêque qui occupa ce siège pendant dix années.
Tout en protégeant d'un coeur sans défaillance son troupeau,
Il écarte un roi qu'une hardiesse profane pousse à violer les droits sacrés.
Il mourut la veille des ides d'octobre (14 octobre) l'an de l'incarnation 1159
Remarques linguistiques — Les quatre premières lignes de l'inscription forment quatre hexamètres léonins, les vers impairs étant à rimes riches. Une erreur de quantité est à signaler dans le deuxième vers, le E de sedit étant bref en latin classique.[*].
Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules — A ω, abréviation de l'Apocalypse (I, 8).
Commentaire historique et datation — Hugues de La Rochefoucauld fut évêque d'Angoulême entre 1149 et 1159. Il est possible que son surnom de Tison - le feu, symbole de la pureté et de son intransigeance[*] - soit dû à la vie édifiante qu'il mena, et à son opposition déterminée à l'ingérence du roi d'Angleterre dans les affaires religieuses. Le reste de l'épitaphe développe un événement qui opposa le prélat et le roi d'Angleterre Henri Plantegenet. Après la mort de Geoffroi du Louroux, archevêque de Bordeaux (18 juillet 1158), les chanoines de la cathédrale ne surent se mettre d'accord sur le nom d'un successeur et confièrent l'élection aux évêques d'Angoulême, de Poitiers, de Saintes et de Périgueux. Réunis en conclave au début de 1159 pour élire le nouvel archevêque, les prélats furent interrompus par l'irruption du roi, décidé à imposer son candidat, Jean de Sie, écolâtre de Poitiers[*].
C'est alors que l'évêque Hugues de La Rochefoucauld s'adressa au roi en ces termes[*]: Domine rex, nobis, quibus electio juste commissa est, de electione in praesentia vestra tractare non licet ; quandiu autem hic nobiscum fueritis, de officio ecclesiastico et de ordinatione nobis commissa tacebimus, nec amplius ille qui voce nostra primo promotus est per nos promovebitur. Le roi s'étant retiré, l'élection put se poursuivre et le libre choix des prélats assemblés se porta sur Raymond de Mareuil. C'est au cours de cette même année que s'éteignit le prélat, la veille des ides d'août selon sept des huit copies de l'Historia[*], tandis que son épitaphe ainsi qu'une des copies de l'Historia mentionne son décès la veille des ides d'octobre. Le début de l'inscription laisse planer un doute sur le lieu d'inhumation du défunt. L'Historia indique : Sepultus est intra ecclesiam cathedralem, a septentrionali parte[*]>. Ceci n'a pas de quoi surprendre puisque tous les évêques cités jusqu'ici, à l'exception de Grimoard de Mussidan, ont été inhumés dans le bas-côté nord de la cathédrale. De plus, en 1159, les travaux de la cathédrale étaient certainement achevés. On peut s'interroger en conséquence sur la signification du iterum de l'épitaphe qui laisse supposer qu'une translation des restes de l'évêque aurait eu lieu, mais les textes sont muets à ce propos.
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