Poitiers. Église Sainte-Radegonde - Invention du tombeau de sainte Radegonde (CIFM I, 79)

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Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)

  • Fonction de l'inscription - Invention d'un tombeau.

    Lieu de conservation - Choeur de l'église, côté sud. Pierre prise dans la maçonnerie de la première marche du choeur, au niveau des stalles. L'inscription se poursuit derrière les stalles.

    Support et dimensions - Le fragment visible mesure 43 x 18 cm. Hauteur des lettres de la première ligne: environ 5 cm. L'épigraphe est disposée aur deux pierres mesurant chacune 84 x 35 cm, selon le relevé de l'abbé Auber.

    Transcription - L'inscription fut dégagée entièrement en 1849. L'abbé Auber en donna alors un fac-similé. La transcription ci-dessous est celle de Rédet.

    Première pierre:

    1. ANNIS MILLE DEI CARNIS BISSEXQVE PERACTIS

    2. OMNIBVS IGNOTA RADEGVNDIS SANCTA MANEBAT

    3. SCROBIS IN ABSCONSO TVMVLVS TEGEBATVR IN VMO

    AVLA SVO VENERABATVR DE NOMINE SANCTO

    5. ABBATISSA SA CRIS SCRVTANS BELIARDIS [IN ANTRIS]

    Deuxième pierre:

    6. [PRIDIE] KALENDARVM MARCII PATEFE-

    7. [CIT] CRIPTAMQVE LVCERNIS HONESTE FECIT

    8. [ILLVSTRARI MVNDV]LE BELIARDIS TVM SER[VAVIT]

    9. [DVM ESSET RO]BERTVS REX DVXQVE PI[C]TAVIS WIL[LEL]

    10. [MVS QVINTVS] APEX GISLEBERTO RE[GEN]TE E[CCLESIAM]

    Sur le chanfrein, à la partie supérieure de la première pierre, on voit sur le fac-similé d'Auber: ADEMARVS [A]DEM[AR]VS.

    Traduction - Mille et deux fois six ans après l'incarnation de Dieu,

    personne ne savait où reposait sainte Radegonde.

    Dissimulé dans une fosse, son tombeau était recouvert par

    la terre. L'église était placée sous son saint nom,

    En fouillant dans les antres sacrés, l'abbesse Béliarde,

    [la veille] des calendes de mars, découvrit une crypte,

    la fit mettre en état et [éclairer dignement] par des

    lampes. Béliarde fit cette découverte alors que Robert

    était roi et qu'à Poitiers le duc Guillaume était le

    [cinquième] prince, Gislebert gouvernant l'Eglise.

    Remarques paléographiques - Le fragment visible permet de constater l'exactitude du fac-similé de l'abbé Auber. Aucune ponctuation n'apparaît sur le dessin. Les liaisons de lettres sont très nombreuses, qu'il s'agisse de conjonctions, d'enclavements ou d'entrelacements. Aucune lettre onciale. Le caractère carré des C et des G semble avoir été constant, hormis dans Gisleberto (1. 10). Forme très particulière du Q (1. 1, 7 et 9), analogue à celle qui se trouve dans l'inscription de Gunter (cf. supra, n° 60).

    Remarques linguistiques - La première partie de l'épigraphe se présente sous forme d'hexamètres. La quantité est observée aux vers 1, 4 et 5. ; nombre de pieds est exact aux vers 2 et 3, mais non la quantité de plusieurs syllabes. Il semble y avoir quelque recherche de rime aux hémistiches.

    Commentaire historique et datation - Robert II, dit le Pieux, fut roi de France de 996 à 1031, Guillaume le Grand comte de Poitou entre 993 et 1030[*]. Gislebert occupa le siège épiscopal de 975 à 1018. Béliarde n'est connue que par cette inscription. Ces données historiques, comme l'examen paléographique, correspondent parfaitement à la date de 1012 donnée par l'épigraphe. Le nom Ademarus. inscrit sur le chanfrein, est peut-être celui du graveur.

Bibliographie

Ces références bibliographiques ont fait l'objet d'un traitement et disposent le cas échéant de liens vers des versions en ligne.

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