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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Le manuscrit Pelliot Chinois 3076 est un rouleau de 25,5 cm de large sur 282 cm de long, composé de six feuilles de 48 cm environ, dont la deuxième et la cinquième sont coupées. Papier assez épais, à pâte homogène, teinté à l'orpiment, une tache foncée (f. 6).
Au recto se trouve une partie du premier chapitre du Miao fa lien houa king 妙法蓮華經 (trad. par Kumārajīva du Saddharmapuṇḍarīka-sūtra), correspondant au n° 262, tome IX, p. 2 a, col. 18, à p. 4 b, col. 17, dans l'édition de Taishō du Canon bouddhique chinois. Très bonne écr., encre noire, 28 col. par f., 17 car. par col., régi., marges sup. et inf. 3 cm.
Au revers de la f. 5 se trouvent 8 lignes d'écriture ouïgoure ; 8 cm plus loin, au revers de la f. 6, à l'endroit du joint, il y a aussi le mot TXY (= taqı̊, « de plus »), et 23 cm plus loin encore les mots 'WDWN X'N (= Odon Xan, « Khan de Khotan ») écrits perpendiculairement aux autres textes. L'écriture, de type ancien et de format moyen, est noire mais très pâle à plusieurs endroits. Elle est aussi très irrégulière et maladroite, avec une forte proportion de fautes graphiques comme orthographiques. Le texte, à caractère religieux, reste à identifier.
Pelliot Chinois 3076 verso
1. PYR PYR K' K KW . . WK
bir bir-kä küčlüg
2. PYR PYR K' KWYCLWK TNKRY KWYC P'SWT
bir bir-kä küčlüg täŋri küč basut
3. PYRK'Y TWYRT PWLWNK'D' YWLWKWZ "CWQ N'
bergäy tört buluŋda yoluŋuz ačuq nä
4. XWT XWLWR SYZ TWK'L PWLX'Y SYZ YβL'X N'
qut qolur siz tükäl bulγay siz yaβlaq nä
5. Y'XYX 'WYT'RX'Y SYZ N' S'XYNMYŠ 'YŠ
yaγı̊γ utarγay siz nä saqı̊nmı̊š iš
6. 'RS'R TWK'(=L)LYK PWLX'Y TNKRY TWYN KWYN
ersär tükällig bolγay täŋri tün kün
7. SIZNY KWZ'DWR 'DKWK' T"(=N)KWRWR . . .
sizni közädür ädgükä tägürür . . .
8. PYR 'YKY K' PWYRWX TNKRY Y'RLY X'YWR
bir ekki-kä buyruq täŋri yarlı̊-qayur
9. TXY
taqı̊
10. 'WDWN X'N
odon xan
Un à un Puissant
[[2]] Un à un (à un premier stade ?), le Dieu Puissant accordera force et aide. Aux quatre coins votre route est ouverte. Quelque bonheur que vous sollicitiez, vous le trouverez [[5]] intégralement. Vous vaincrez le méchant ennemi. Quelles que soient les affaires que vous méditez, toutes se réaliseront parfaitement. Dieu veille sur vous jour et nuit. Il vous fait parvenir au Bien.
[[8]] Un à deux (à un deuxième stade ?), le Dieu du commandement ordonne... de plus
[[10]] Khan de Khotan
11.1-2 bir bir-kä voudrait peut-être dire « à un premier stade, dans un premier temps », tandis que bir ekki-kä à la l. 8 signifierait de la même façon « à un deuxième stade ». On peut imaginer aussi d'autres interprétations possibles (« à un à la fois » et « à deux à la fois », « à un et un » et « à un et deux » etc.). D'après Nicholas Sims-Williams, le style de ce texte, et surtout le fait que chaque section est précédée d'une paire de numéros, suggère qu'il s'agit d'un fragment d'un livre de divination, à consulter par le jet d'une paire de dés.
11.2 küčlüg täŋri, « le Dieu Puissant », est le nom donné dans les textes turcs manichéens à Srō? Ahrāy, la Colonne de Gloire (cf. le ms. 5.11 et. 45), ainsi qu'aux Cinq Éléments Lumineux, fils de l'Homme Primordial (cf. A. von Le Coq, « Dr. Stein's Turkish Khuastuanift from Tun-huang », pp. 291.174 et 293.208 ; W. Bang, ManBeicht, pp. 208-210 ; Asmussen, Xuāstvānīft, pp. 220-221). Dans les textes turcs nestoriens, en revanche, küčlüg täŋri désigne Dieu le Père (cf. M III, p. 49, Nr. 40, verso, l. 6 ; W. Bang, TürkGeorgs, p. 64 seq.).
11.5 utarγay : utar-, sans doute l'intensif en -°r- de ut-, « vaincre », n'est pas attesté ailleurs en turc ancien que je sache.
11.8 buyruq täŋri, « Dieu du commandement ou d'ordonnance », rappelle le prm'ngyn yzd, apparemment framāngēn yazd, « Dieu au commandement, chargé du commandement », du manuscrit moyen perse M 98 v°, l. 19, qui est identifié avec Atlas (cf. Müller, HR II, p. 40.11 ; Jackson, Researches, p. 32.19 ; W. B. Henning, OLZ, 1934, Nr. 12, cols. 751-752). Cependant, d'après Henning, « Two Manichaean Magical Texts », p. 44 : « Prm'n-gyn yzd is the god of parmānag = λoγισμός... » (?). Par ailleurs, dans un manuscrit manichéen de Turfan (T II. D. 178) étudié par A. von Le Coq ( M II, p. 12) et R. Arat (Eski Türk Şüri, p. 28), il est question d'un köni buryuq (= buyruq), « juste buyruq » (au sens de divinité mandatée, commissaire, ordonnance ?), qui pose l'âme du mort sur la balance.
11.10 Odon xan : Sur Odon = Khotan, cf. K, I, p. 76.9, et Pelliot, Notes on Marco Polo, I, pp. 411 et suivantes. Odon figure également dans le Pelliot Ouïgour 2 = 18.3.
Paul Pelliot (1878-1945)
Rapporté par la mission Pelliot de 1906-1908. Entré à la BN en 1910.
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