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Collection IIIF
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Numérisation intégrale
Numérisation :
Source des données : Initiale
Source des données : Bibliothèque numérique d’agglomération de Saint-Omer
CONTENU
Il s'agit d'une belle copie du commentaire de Bède le vénérable sur l'évangile selon Luc. Il est le témoin de la naissance d'une véritable Église anglo-saxonne sur l'île de Bretagne. Cette Église, reconnue par Rome et soutenue par le siège apostolique face à l'Église écossaise, surtout depuis le synode de Whitby en 664, est devenue au temps de Bède une pépinière de missionnaires qui partent sur le continent pour évangéliser les Frisons et les Saxons. Bède est envoyé dès ses sept ans au monastère de Wearmouth (Northumbrie) avant de rejoindre ensuite celui de Jarrow où il passe le reste de sa vie à écrire et y acquiert une connaissance encyclopédique. Il est considéré comme un des plus remarquables représentant de la culture du Haut Moyen Âge. On trouve à plusieurs endroits, marqués par des signets, des notes manuscrites du XVIIe, qui ressemblent très fortement à l'écriture de Guillaume de Whitte, historiographe de Saint-Bertin.
DÉCOR
Le décor de ce manuscrit est typiquement cistercien. Il est constitué d'initiales monochromes vert et rouge et de quelques petites initiales bleues dans la table(ff. 4-6), de taille variable selon leur rôle et leur place dans la structuration du volume. Les plus importante étant les initiales de début de livre qui sont les plus grandes et les plus travaillées :ornées de rinceaux, de palmettes et de protofiligranes. On note au f. 42v, pour le début du second livre, la présence d'une initiale rouge à filigrane vert. Lorsque l’on se penche sur les différents textes qui ont affirmé la position des cisterciens envers l’art, on se rend compte que ces derniers opposaient un refus quasi catégorique à toute forme d’expression artistique. On en trouve la concrétisation dès la première collection des statuts de l’ordre de 1131. Dans ces textes, tout est fait pour limiter au maximum la présence d’objets d’art et le luxe dans les abbayes de l’ordre : « Dans nos églises ou dans un local d’office quelconque, nous interdisons que l’on se livre à l’art de la sculpture ou de la peinture ; il est rare, en effet, que l’on puisse s’appliquer à cela sans négliger la sainte méditation, sans finir par oublier le sérieux de la vie religieuse. Nous admettons cependant les croix peintes en bois » (status cisterciens, collection. de 1131, stat. XX). Une fois que Bernard eut énoncé la règle : « Les lettres devront être d’une seule couleur et non peinte » (Statuts cisterciens, LXXX), et que cette injonction eut été transmise dans les autres abbayes de l’ordre, la plupart des illustrations et ornements figuratifs furent supprimés des manuscrits. Cela a donné le troisième style de Cîteaux ou « style monochrome ». Ainsi que le précise Y. Zaluska : « la monochromie n’est pas un trait purement cistercien, mais les moines blancs sont les premiers à l’avoir érigée en doctrine et à en avoir fait une forme de la quête de Dieu ». Ce style va s’épanouir durant les années quarante du XIIe siècle, jusqu’à la fin du troisième quart de ce siècle, puis, très vite, il laisse de nouveau la place à un retour à l’iconographie foisonnante.
RELIURE
Refaite au XVIIe siècle : en ais de bois, couverts de veau brun estampé à froid d'un double encadrement de doubles filets, triples filets en croix dans le cadre intérieur, cornières de laiton, traces de boulons et de fenestrae. Filets à froid sur les nerfs, triples filets à froid en pieds de nerfs. Fragments d'un livre ancien imprimé (livre de dévotion, en français) utilisés dans le dos de la reliure. La garde contrecollée supérieur est un fragment de texte de droit extrait d'un manuscrit du XIIIe siècle).
PROVENANCE
Ex-libris de Clairmarais au dernier feuillet
BIBLIOGRAPHIE
_BONDEELLE-SOUCHIER, Anne, Bibliothèques cisterciennes dans la France médiévale. Répertoire des abbayes d'hommes, Paris, 1991, P. 84. _STAATS, Sarah, Le catalogue médiéval de l'abbaye cistercienne de Clairmarais et les manuscrits conservés. Avec le concours de Caroline Heid et Donatella Nebbiai, et une contribution de Patricia Stirnemann, Paris : CNRS éditions, 2016, p. 92
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