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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Recueil de commentaires explicatifs sur la Bible : « Incipiunt pauca problemata de enigmatibus ex tomis canonicis... Isidorus dicit… » (1v). On remarque au f. 42v.-43 : « De divissione terre repromisionis. Geometrica ab Aegyptis primitus inventa est propter divissionem Nili fluminis in multas fossas. Geometrica Grece Terra mensura interpretatur…--…In unum quodque cubitum de illis. Id est XXXta pedes. » au f. 43v : Schéma de la terre sainte. Le schéma occupe toute la hauteur de la page. Il est orienté le nord en haut. A gauche une ligne plus épaisse en orange (le littoral ?) donne la limite du territoire. Plus à droite, le fleuve Jourdain est représenté avec deux renflements qui correspondent à la mer de Galilée et la mer Morte (mare mortuum). L’espace ainsi délimité est divisé en rectangles selon les tribus d’Israël : à l’ouest du Jourdain, Dan, Neptalim, Afer, Zabulon, la demi-tribu de Manassé, Isachar, Effraim, Benjamin, Juda, Siméon. A l’est du Jourdain, l’autre moitié de la tribu de Manassé, Gad, Ruben. Quelques villes sont signalées, parfois par des formes géométriques en orange : Hierusalem (ibi fuit Hiericho), Cades, Gaulon, Sechim, Rama, Iopen (Jaffa), Ramoth, Galaad, Bossor, Bethleem, Cebron. Le nom des Philistins est aussi indiqué au sud-ouest.
Le manuscrit est un recueil de gloses sur l’Ancien Testament. Le texte, diffusé dans plusieurs manuscrits, est connu dans la bibliographie allemande sous le nom Das Bibelwerk , et en anglais The Reference Bible . Le titre latin Pauca Problesmata évoque d’ailleurs mieux son contenu : il ne s’agit pas d’une exégèse cohérente mais d’une série de courts articles explicatifs composés de citations des Pères de l’Eglise et de diverses autorités, parmi lesquels reviennent fréquemment Isidore, Orose, Augustin, Grégoire, Cassien. La première partie du manuscrit, portant sur le Pentateuque, a été éditée par G. Mac Ginty : on peut déplorer qu’il n’ai pas poursuivi encore son travail puisque l’édition s’arrête quelques folios avant la carte qui nous intéresse ici. Reprenant les conclusions de B. Bischoff (op. cit., p. 231-236), Mac Ginty affirme que le texte, sur la foi de l’écriture et du latin utilisé, est d’origine irlandaise et appartient au vaste courant exégétique du monachisme irlandais des VIII e -IX e s. Selon lui, il serait même antérieur au milieu du VIII e s. (date suggérée par Bischoff). Le manuscrit lui-même est du IX e siècle. Le schéma cartographique suit un chapitre consacré aux divisions de la Terre Sainte, à l’intérieur de la partie consacrée à l’explication du Livre de Josué (Jos. XV). Le texte est une énumération des équivalences entre différents étalons de mesure, au fondement de la géométrie comme de la géographie. « Geometrica Grece terrae mensura interpretatur. Ge enim Grece terra latine, metra mensura… ». Du plus large au plus local, l’orbe terrestre est divisé en parties, celles-ci en provinces, puis en régions, en lieux, en territoires, en champs, en centuries, en jougs, en climats. Puis on passe aux mesures de longueur : « climata in actus, perticas, passus, gressus, cubitos, pedes, palmos, untices, digitos diviserunt ». Les équivalences entre ces mesures sont données une à une, puis le texte s’achève f. 43 par une évaluation des dimensions de la Terre Sainte.Les sources de ce passage données par Bischoff (p. 233) sont Isidore (Etym. 15,15) (Migne, Patrologie Latine, vol. 82, Paris, 1850. S. Isidori Hispalensis episcopi Etymologiae, livre XV, 15 : col. 555-556. « De mensuris agrorum ». A quelques variantes près il s’agit de notre texte sur les mesures, mais celles-ci ne sont jamais mises en rapport avec la géométrie ni la géographie, et il n’y a pas d’allusion à la Terre sainte. La définition de la géométrie comme originaire d’Egypte et son étymologie grecque se trouvent dans Etymologies, III, 10 (P.L., t.82, c.161). Notons que Isidore est aussi auteur de Questions sur l’Ancien testament, dont certaines portent sur la division de la Terre promise dans le livre de Josué (P. L., t. 83, c. 377-78), mais ce n’est pas le même texte) et Eucherius de Lyon (Article « Eucher de Lyon » dans Dictionnaire d’Histoire et de Géographie ecclésiastiques, XV, col. 1315-1317.). Ce dernier propose en effet des explications sur les mesures utilisées dans la Bible, mais elles n’ont rien de commun avec notre texte (Sanctii Eucherii Lugdunensis Opera Omnia, éd. C. Wotke, Prague-Vienne-Leipzig, 1894 (Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum, vol. 31) : Instructionum, Lib. II « de Mensuris », p. 159. « Corus est modi XXX. Batus amphora una, id est modi tres…decem, inquit, cotylae sunt gomor ». Voir aussi Migne, Patrologie Latine, 50, col. 821.).Notons que dans le texte est mentionné Ezéchiel pour les mesures du temple de Salomon. L’exégèse de ce passage d’Ezéchiel a donné lieu à de nombreux commentaires médiévaux, accompagnés de schémas qui ne sont pas sans rapport avec notre texte, notamment par Richard de Saint-Victor (XII e s.) (voir notice du ms. latin 3438) et Nicolas de Lyre (Laguna-Paul (T.), « Nicolas de Lyra y la Iconografia Biblica », Apotheca, Revista del Departemento de Historia del Arte, Universidad de Cordoba, 5, 1985.).
Abbaye Saint-Maur-des-Fossés ; cf. B. de Montfaucon, Bibliotheca bibliothecarum , II, 1739, p.1141-1143 : "15. 1039. PP. Ambrosii, Hieronymi, Augustini , &c. explanationes in Scripturae loca".
Ex-libris : F. 1 : « Hic est liber Sancti Petri Fossatensis » (IXe s., ex-libris inscrit en deux endroits par deux mains différentes). — F. 2: "Ex-libris monasterii Sancti Germani a Pratis Parisiorum".
France (Saint-Maur-des-Fossés ?) .
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