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Source des données : BnF Archives et manuscrits
Le manuscrit Pelliot Chinois 2961 est un rouleau de 25 cm de large sur 199,4 cm de long, composé de 4 ff. de 50 cm (à droite de la f. 1, traces d'une feuille précédente ; f. 1 : partie inf. du bord droit déchiquetée ; f. 2 : 2 morceaux de 24,8 cm raccordés l'un à l'autre). Beau papier, à pâte homogène, assez fin, ocre foncé. Taches de moisissure, d'humidité, de gras, de colle (r° du raccord des 2 morceaux de la f. 2), quelques taches d'encre ; petites taches dues aux insectes. Fentes, échancrures (f. 2 notamment), éraflures. Petits trous d'aiguille en forme de croix tracée dans un cercle (marge sup. de la f. 1) et ellipses (marge sup. de la f. 4).
Au recto se trouve une copie du chapitre 7, p'in 25 (fin manque), du Miao fa lien houa king 妙法蓮華經 traduction chinoise par Kumārajīva du Saddharmapuṇḍarīka-sūtra, correspondant au n° 262, tome XI, pp. 56 c, col. 2, à 58 a, col. 27, dans l'édition de Taishō. Le titre initial, mutilé de la fin, étant précédé d'une col. non inscrite, la copie complète ne comprenait que le texte du p'in 25. Très bonne écriture, car. plutôt petits. 111 col. dont 53 plus ou moins mutilées. 28 col. par f., 16 à 18 car. par col. Marges sup. 2,3 cm à 2,8 cm, inf. 2 à 2,5 cm. Réglures.
Au revers des ff. 1 et 2, il y a six lignes d'écriture ouïgoure. La première ligne, en partie biffée, précède les autres d'environ 8 cm. L'écriture, noire, de format moyen et de type ancien, est cependant peu soignée, irrégulière, et pleine de fautes. L'écriture des deux mots de la dernière ligne, qui seraient sogdiens, est un peu plus grande et plus soignée, bien que de la même main. La première phrase, qui se répète, concerne une requête ou prière qu'on a commencé à écrire un « jour nouveau » (début de saison, solstice ou équinoxe). Les lignes 4 et 5 représentent le même début de texte manichéen que dans le 9.1-4.
Au revers de la f. 3, exercice d'écriture sur un car. chinois non déchiffré : 3 col. inscrites sur la partie inf.
Pelliot Chinois 2961 verso
1. YM' PWYNK'R'R
yemä böŋärär (?)
2. YM' PŠL'TY 'WYTWK PYTYK Y'NKY KWYN 'WXRYNT'
yemä bašlatı̊ ötüg bitig yaŋı̊ kün uγrı̊nta
3. YM' P'Š'L'TY 'WTWK PTYTYK Y'NKY KW'N
yemä bašalatı̊ ötüg bititig yaŋı̊ kün
4. YM' 'WYZ'KY TWYRT YRWX 'YLYK TNKRYL'RD' TWYK'L QWT
yemä üzäki tört yaruq ellig täŋrilärdä tükäl qut
5. PWLMYŠ PWRX'NL'R D' " 'WYLWK PWLMYŠ
bulmı̊š burxanlar-da a ülüg bulmı̊š
6. 'T SP'TY
't sp'ty
Adonc, (... ?)
[[2]] Adonc, il a commencé (fait commencer ?) la lettre (= écrit) de suppliques (= prière, demande) à l'occasion du jour nouveau. Adonc, il a commencé (fait commencer) la lettre de suppliques... du jour nouveau.
[[4]] Adonc, (celui) qui a trouvé le salut intégral grâce aux Quatre Dieux d'en haut, Rois de la Lumière, qui a trouvé la chance grâce aux Prophètes, ah...
[[6]] (sogdien) et complet.
10.2 bašlatı̊. Peut-être faudrait-il lire plutôt bašlattı̊ et comprendre « il a fait commencer ».
10.2 yaŋı̊ kün, « jour nouveau », était le terme qui désignait en turc ancien le premier jour de chacune des quatre saisons, les solstices et les équinoxes, c.-à-d. les huit tsie 節 du calendrier chinois (cf. TT VI, l. 326 et la note p. 74).
10.2 uγrı̊nta. La lecture d'uγur, « occasion, circonstance », avec u- initial semble plus justifiée que la lecture avec ο- (cf. TMEN, II, n° 604 ; EDPT, p. 89). On peut citer également en faveur de la prononciation en u- le dérivé uγra- en turc de Turquie.
10.4-5 Ces deux lignes, correspondant au début d'un texte manichéen, se retrouvent également dans les mss. 5.47-50 (cf. la note), 8.12-14, et 9.1-4.
10.6 'T SP'TY représente vraisemblablement le sogdien 't 'spty, « et complet ». Sur 'spty, prononcé ǝspate, cf. GMS, § 148, 151, et 982, n. 1.
Paul Pelliot (1878-1945)
Rapporté par la mission Pelliot de 1906-1908. Entré à la BN en 1910.
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