Paris. Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Pelliot chinois 2988

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  • Le manuscrit Pelliot Chinois 2988 est un rouleau de 28 cm de large sur 263 cm de long, composé de 7 ff. dont 5 de 42,6 cm (f. 1 mutilée : 35,7 cm, bord droit déchiré en biais ; f. 7 : 13,7 cm). Assez bon papier, peu épais, à grosses verges, beige. Quelques taches d'humidité et de gras ; quelques petites échancrures et fentes.

    Au recto se trouve une copie incomplète au début et à la fin du Ta tch'eng po fa ming men louen k'ai tsong yi ki 大乘百法明門論開宗義記 par T'an-kouang 曇曠, correspondant dans l'édition de Taishō au n° 2810, tome 85, p. 1057 a, col. 26, à p. 1060 a, col. 22. Écr. négligée, encre pâle par endroits. Assez nombreuses additions et corrections. 157 col. en tout, 26 col. par f., 21 à 35 car. par col. Marges tracées (sup. 4,4 cm, inf. 4,2 cm), dont le copiste n'a pas tenu compte. Régl.

    Verso : 3 textes en ouïgour au revers des ff. 1 à 3, 31 lignes. Le premier texte de 19 ll. (la moitié de la 1re ligne manque) s'étend sur les 35,7 cm de la f. 1 plus 5 cm de la f. 2. Après un blanc de 8 cm, le deuxième texte de 6 ll. s'étend sur 11 cm de la f. 2. Après un nouveau blanc de 5 cm se trouve un début de ligne effacée (l. 26), suivi d'un blanc d'encore 12 cm sur la f. 2 et de 1,5 cm sur la f. 3. Suit le troisième texte de 5 ll. s'étendant sur 11 cm de la f. 3.

    L'écriture, de type ancien, est grosse et maladroite. En général, les lettres R et N/', Y et β se distinguent, mais non s et ?. Il y a une certaine tendance à lier ou à séparer des mots d'une manière inhabituelle. La fréquence de l'emploi de R pour L, de même que l'insertion de nombreux āleph superflus, suggèrent que le copiste était influencé par la pratique de la langue sogdienne, et à cet égard on remarquera le mot β't à la l. 7 du Pelliot Chinois 2909 verso , écrit de la même main.

    Le premier texte s'ouvre par des vers qui semblent faire allusion par des images symboliques à la parenté entre les Empereurs chinois et les Khans ouïgours résultant des mariages de ces derniers avec des princesses impériales chinoises. Suit une liste d'ambassadeurs, dont plusieurs portent des noms sogdiens, venus à Cha-tcheou sur l'ordre de l'Empereur chinois et du Khan ouïgour. La mention du titre t'ai-fou, qui est attribué au souverain de Cha-tcheou, permet de dater ce texte du milieu du Xe siècle. Le deuxième texte, de la même main, est dicté par un des ambassadeurs, un certain An enčü, vraisemblablement Sogdien d'origine, habitant de Turpan (Turfan), en compagnie d'un certain Yoxnan (= Jean en syriaque). Le troisième texte est dicté par un autre des ambassadeurs au nom sogdien de Māxu čor, qui précise qu'il s'est rendu une fois « dans l'État céleste des Yaγlaqı̊r » (= Kan-tcheou) et quatre fois à Cha-tcheou. Il est donc assez clair que l'ambassade, composée principalement d'Ouïgours et de Sogdiens, dont certains originaires de Turfan, provenait de l'Empire ouïgour occidental établi à Qočo. Un quatrième texte de la même série figure au revers du manuscrit Pelliot Chinois 2909, dont la description suit.

Parties du manuscrit

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