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Biblissima+ Identifier: https://data.biblissima.fr/entity/Q411393
Data Source: Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription - Mention d'un nom.
La porte dont parle Alcuin conduisait, d'après le sens du poème, au sanctuaire où, comme il dit, reposaient les Pères. On ne possède pas d'autres renseignements sur elle. Elle fait penser à cette autre porte de bronze qui aurait été dérobée à la basilique de Saint-Hilaire par Dagobert 1er, au cours d'une expédition en Poitou, et servit peut-être à enrichir la basilique de Saint-Denis[*].
PORTA DOMUS DOMINI HAEC EST ET REGIA CELI
HAEC TIBI PANDIT ITER SANCTI ET SACRARIA TEMPLI
QUO MOX INVENIES MAGNOS REQUIESCERE PATRES
SIT TIBI SPES PRECIBUS HORUM PRAECLARA SALUTIS
SI TU CORDE PIO PROSTRATO ET CORPORE POSCIS
A CHRISTO SCELERUM VENIAM PECCATOR HABEBIS
NULLATENUS DUBIUS SACRI TERE LIMINA TEMPLI
OMNIA CREDENTI PRAESTAT PIA GRATIA CHRISTI
FECERAT HAS VALVAS ARAE PIUS ABBA MINISTER
UT MANDA VIT ATO FRATRUM VENERABILIS ABBAS
INGREDIENS TEMPLUM PRO QUO INTERCEDE VIATOR
UT DEUS OMNIFOTENS ILLUM CONSERVET IBIQUE.
Voici la porte de la maison du Seigneur et la porte royale du Ciel.
Elle t'ouvre le chemin de ce temple saint et son sanctuaire
où reposent, tu le verras bientôt, d'illustres Pères.
Puisses-tu par leurs prières posséder un éclatant espoir de salut.
Si tu le demandes d'un coeur pieux et le corps prosterné,
tu obtiendras, pécheur, du Christ le pardon de tes crimes.
Foule sans hésiter le seuil du temple saint,
la sainte grâce du Christ accorde tout au croyant.
Le pieux abbé-ministre avait fait ces portes du sanctuaire,
sur l'ordre d'Aton, vénérable abbé des frères.
Passant, toi qui entres dans ce temple, intercède pour lui
Afin que Dieu Tout-Puissant l'ait partout en sa garde.
Le premier vers rappelle la formule que l'on récite à l' introït de la messe de dédicace et qui est directement issu de la Genèse (XXVIII, 17) "Quam terribilis est, inquit, locus iste! Non est hic aliud nisi domus Dei et porta caeli".
L'avant-dernier vers interpelle le fidèle, voyageur ou pèlerin se rendant au sanctuaire pour demander des prières. Ce genre de formule se retrouvera sous des formes analogues tout au long de cette étude et tendrait à montrer, dans le cas présent, que cette épigramme fut effectivement gravée.
L'abbe Aton est cité à plusieurs reprises par Alcuin. Successeur d'Aper vers 794, parent de Louis le Pieux, il signe comme témoin la charte de fondation de l'abbaye de Nouaillé, le 3 août 794, ainsi que, pour ce même monastère, l'acte de mars 799[*].
Cette même année il occupe le siège épiscopal de Saintes. Ce fut peut-être à cette époque qu'Alcuin composa son poème. En effet, le dernier vers s'expliquerait mal si Aton était décédé, mais pourrait fort bien se comprendre si ce prélat avait quitté la ville. Un autre argument concourt à étayer l'hypothèse. La présence d'un personnage portant le titre de abba-minister laisse supposer que l'abbé Aton, appelé à d'autres fonctions, aurait, tout en conservant sa charge abbatiale, désigné un religieux pour administrer en son nom l'abbaye. Largeault suggère que ce religieux serait Bodosindus qui souscrit le premier après Aton dans la charte de 799, avec le titre de custos sepulchri sancti Hilarii[*].
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