Saint-Maixent-l'École. Abbaye Saint-Maixent, Tombeau de saint Léger (CIFM III, Deux-Sèvres, 30)

Digitisations

IIIF Manifest

Contents

Data Source: Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)

  • Fonction de l'inscription — Épitaphe d'un abbé.

    Lieu de conservation — Tombeau placé aux côtés du précédent.

    Support et dimensions — Longueur du support : 2m. Hauteur des lettres : 4,5cm.

    Transcription — 1. HIC POSITVS · QVONDAM REQVIEVIT LEODEGARIVS ⁝ OSSA TENET CVIVS

    BROVILVS ECCE LOCVS

    2. SED CINEREM TVMVLVS HIC HABET ALMIFLWS ET ⁝ VIIII ⁝ VNCIAS

    Traduction — Léger jadis reposa ici ; voici que le monastère d' Ebreuil garde

    ses ossements,

    mais ce tombeau, source féconde, contient de sa cendre : neuf onces.

    Remarques paléographiques — Mêmes remarques générales que pour la précédente inscription, avec laquelle la parenté est évidente. Ponctuation très irrégulière par trois points verticaux pour séparer les deux membres de phrase de la première ligne et pour isoler le chiffre de la seconde. Aucune onciale. Tous les C sont carrés, ainsi que le G de Leodegarius.

    Remarques linguistiques — La première ligne de l'inscription forme un distique élégiaque. La seconde ligne, jusqu'à almifluus, est un pentamètre. Le nom propre Brovilus désigne Ebreuil, généralement attesté sous les formes Ebrovilus, Ebrolium, Eborliacum ou Evrogilum qui auraient faussé le vers. L'adjectif almifluus, non sans élégance, est une formation savante, composée à partir de almus et de fluere. Ce terme, de sens analogue au classique almificus, est répertorié par Blaise qui signale deux exemples[*]: le premier dans un poème de Paul Diacre[*], le second dans la vita Drausi[*].

    Commentaire historique et datation — Neveu de l'évêque de Poitiers Didon, Léger fut placé par son oncle à la tête de l'abbaye de Saint-Maixent, qu'il gouverna entre 653 et 659. Promu ensuite évêque d'Autun, il se fit le champion de l'opposition burgonde et dut se livrer au maire du Palais, Ebroïn, lorsque celui-ci mit le siège devant la ville. Un synode, réuni à Villeroy, déclara sa déchéance et le condamna à mort. Il fut décapité vers 680. Ebroïn ayant été assassiné à son tour, une assemblée d'évêques accorda à Léger la palme du martyre. Son successeur à Saint-Maixent, l'abbé Audulfus, fit ramener au monastère poitevin la dépouille de la victime d'Ebroïn[*]. Les reliques de saint Léger demeurèrent en Poitou jusqu'aux incursions normandes. Elles subirent ensuite les mêmes tribulations que celles de saint Maixent, mais demeurèrent finalement à la nouvelle abbaye d'Ebreuil. Les quelques onces mentionnées à Saint-Maixent ne sont sans doute que la poussière de son tombeau primitif. L'épitaphe gravée sur son mausolée est contemporaine de celle de saint Maixent.

    Les tombeaux de Maixent et de Léger furent rognés à l'époque moderne pour être inscrits dans le cercle formé par une balustrade de pierre, au détriment de leur épigraphie. Sur le côté nord-est de cette balustrade, on aperçoit quelques fragments de lettres dont un T à l'envers, suivi de...VS GLOR[I]E PE[RE]NNE...0...RATVS HONORE[*]Il s'agit probablement de fragments réemployés d'un texte plus ancien.

Bibliography

These bibliographical references have been processed and may include links to online versions.

  • BEAUMESNIL, Pierre de, Antiquités de la ville de Poitiers, province de Poictou et Aquitaine, origine de ses peuples, probable et fabuleuse, avec un extrait chronologique des souverains qui ont occupé le Poitou, jusqu'à présent (Poitiers, Médiathèque François-Mittérand, Ms 384 (110)), ici pl. 98 et 99 [dessin peu fidèle] (https://www.mediatheques-grandpoitiers.fr/Default/digital-viewer/d-4331135)
  • BERTHELÉ, Joseph (1884), "Architecture mérovingienne - La date de la crypte de Saint-Léger à Saint-Maixent (Deux-Sèvres)", Bulletin monumental, 5e sér., t. XII [t. L], p. 89-112, ici p. 100-101 [commentaire] (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31066r/f93)
  • BOUNEAULT, Arthur, Recueil de dessins (Niort, Médiathèque de la communauté d'agglomération), ici pl. 1186
  • FAVREAU, Robert, MICHAUD, Jean (1977), Poitou-Charentes. 3. Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Poitiers (Corpus des inscriptions de la France médiévale, 3), ici p. 163-165 (https://www.persee.fr/doc/cifm_0000-0000_1977_cat_3_1_864)
  • FONTENEAU, Léonard, Dessins et notes manuscrites (Poitiers, Médiathèque François-Mittérand, Ms 547), ici f. 76 [dessin] (https://patrimoine.mediatheques-grandpoitiers.fr/PATRIMOINE/digital-viewer/d-4545344)
  • LE ROUX, Hubert (1969), "Les origines de Saint-Hilaire de Melle (Deux-Sèvres). Contribution à l'étude des chemins de Saint-Jacques et à celle de l'influence clunisienne en Haut-Poitou (XIe et XIIe siècles)", Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers, 4e sér., t. X, p. 119-138, ici p. 124 [texte] (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6571025g/f39)
  • LÉVESQUE, Louis (1891), "Inscriptions de la ville de Saint-Maixent du Xe au XIXe siècle", Mémoires de la Société de statistique, sciences, lettres et arts du département des Deux-Sèvres, 3e sér., t. VIII, p. 233-352, ici p. 243-256 (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2086929/f270)
  • LÉVESQUE, Louis (1895), Supplément aux inscriptions de la ville de Saint-Maixent du Xe au XIXe siècle, Saint-Maixent, ici p. 7 [texte, commentaire]
  • RAVAN, Hilaire (1861), "Essai historique sur l'abbaye de Saint-Maixent et sur ses abbés, depuis 459 jusqu'à 1791", Mémoires de la Société de statistique, sciences, lettres et arts du département des Deux-Sèvres, 2e sér., t. I (1860-1861), p. 82-188, ici p. 175 [texte] (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k208665d/f99)
  • RICHARD, Alfred (1876), "Rapport sur la découverte d'une crypte dans l'église Saint-Léger de Saint-Maixent (Deux-Sèvres)", Bulletin monumental, 5e sér., t. IV [t. XLII], p. 845-862, ici p. 861 [commentaire] (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30869r/f895)

Data sources