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Manifeste IIIF
Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Fonction de l'inscription — Épitaphe d'un abbé.
Lieu de conservation — Tombeau placé aux côtés du précédent.
Support et dimensions — Longueur du support : 2m. Hauteur des lettres : 4,5cm.
Transcription — 1. HIC POSITVS · QVONDAM REQVIEVIT LEODEGARIVS ⁝ OSSA TENET CVIVS
BROVILVS ECCE LOCVS
2. SED CINEREM TVMVLVS HIC HABET ALMIFLWS ET ⁝ VIIII ⁝ VNCIAS
Traduction — Léger jadis reposa ici ; voici que le monastère d' Ebreuil garde
ses ossements,
mais ce tombeau, source féconde, contient de sa cendre : neuf onces.
Remarques paléographiques — Mêmes remarques générales que pour la précédente inscription, avec laquelle la parenté est évidente. Ponctuation très irrégulière par trois points verticaux pour séparer les deux membres de phrase de la première ligne et pour isoler le chiffre de la seconde. Aucune onciale. Tous les C sont carrés, ainsi que le G de Leodegarius.
Remarques linguistiques — La première ligne de l'inscription forme un distique élégiaque. La seconde ligne, jusqu'à almifluus, est un pentamètre. Le nom propre Brovilus désigne Ebreuil, généralement attesté sous les formes Ebrovilus, Ebrolium, Eborliacum ou Evrogilum qui auraient faussé le vers. L'adjectif almifluus, non sans élégance, est une formation savante, composée à partir de almus et de fluere. Ce terme, de sens analogue au classique almificus, est répertorié par Blaise qui signale deux exemples[*]: le premier dans un poème de Paul Diacre[*], le second dans la vita Drausi[*].
Commentaire historique et datation — Neveu de l'évêque de Poitiers Didon, Léger fut placé par son oncle à la tête de l'abbaye de Saint-Maixent, qu'il gouverna entre 653 et 659. Promu ensuite évêque d'Autun, il se fit le champion de l'opposition burgonde et dut se livrer au maire du Palais, Ebroïn, lorsque celui-ci mit le siège devant la ville. Un synode, réuni à Villeroy, déclara sa déchéance et le condamna à mort. Il fut décapité vers 680. Ebroïn ayant été assassiné à son tour, une assemblée d'évêques accorda à Léger la palme du martyre. Son successeur à Saint-Maixent, l'abbé Audulfus, fit ramener au monastère poitevin la dépouille de la victime d'Ebroïn[*]. Les reliques de saint Léger demeurèrent en Poitou jusqu'aux incursions normandes. Elles subirent ensuite les mêmes tribulations que celles de saint Maixent, mais demeurèrent finalement à la nouvelle abbaye d'Ebreuil. Les quelques onces mentionnées à Saint-Maixent ne sont sans doute que la poussière de son tombeau primitif. L'épitaphe gravée sur son mausolée est contemporaine de celle de saint Maixent.
Les tombeaux de Maixent et de Léger furent rognés à l'époque moderne pour être inscrits dans le cercle formé par une balustrade de pierre, au détriment de leur épigraphie. Sur le côté nord-est de cette balustrade, on aperçoit quelques fragments de lettres dont un T à l'envers, suivi de...VS GLOR[I]E PE[RE]NNE...0...RATVS HONORE[*]Il s'agit probablement de fragments réemployés d'un texte plus ancien.
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