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Data Source: BnF Archives et manuscrits
Texte grec et traduction latine des charts IX-XII de l'Iliade. L'exemplaire a été interfolié et couvert de notes de François-René de Chateaubriand. Sur le feuillet de garde on lit : « Ce volume de l'Iliade appartenait à Monsieur de François-René de Chateaubriand ; les notes qui couvrent les pages interfoliées sont de sa main ; il le portait dans un sac au siège de Thionville (Cf. les Mémoires d'Outre-Tombe). Il m'a été donné par le vicomte Dieudonné de Vesnis (?), neveu et héritier de Monsieur de Chateaubriand par sa femme née de Kerminon de Chateaubourg ».
Une lettre de ce dernier à Edouard Fournier est jointe à l'exemplaire. Fournier reçut ce volume en don.
Les pages interfoliées contiennent surtout des essais de traduction. Chateaubriand cherche surtout à suivre le texte de très près. Il veut aussi rendre la hardiesse et la poésie des images d'Homère. Voir par exemple chap. X, « ὕπνον ἀωτεῖς », « carpebat somnos », cueillir le sommeil, il cueillait, et plus loin, v. 142, « Pourquoi erres-tu seul ainsi par le camp des vaisseaux pendant la nuit ambrosienne (qui répand l'ambroisie, douce comme l'ambroisie) ». Le texte latin donnait la leçon « noctem perdulcem ».
Chateaubriand a parlé de ce petit Homère qu'il portait à l'armée des émigrés : « Je m’asseyais, avec mon fusil, au milieu des ruines ; je tirais de mon havresac le manuscrit de mon voyage en Amérique ; j’en déposais les pages séparées sur l’herbe autour de moi ; je relisais et corrigeais une description de forêt, un passage d’Atala, dans les décombres d’un amphithéâtre romain, me préparant ainsi à conquérir la France. Puis, je serrais mon trésor dont le poids, mêlé à celui de mes chemises, de ma capote, de mon bidon de fer-blanc, de ma bouteille clissée et de mon petit Homère, me faisait cracher le sang » (Mémoirs d'Outre-Tombe, éd. Biré, t. II, p. 58). « Barbare de l’Armorique au camp des princes, je portais Homère avec mon épée ; je préférais ma patrie, la pauvre, la petite île d’Aaron, aux cent villes de la Crète. Je disais comme Télémaque : ''L’âpre pays qui ne nourrit que des chèvres m’est plus agréable que ceux où l’on élève des chevaux.'' Mes paroles auraient fait rire le candide Ménélas, άγαθος Μενέλαος. » (ibid, p. 77). Les pages 1-198 formant 2 volumes aussi interfoliés, sont entre les mains de M. le duc de Blacas (juin 1927)
Acquis par Auguste Lesouëf, ce volume a fait partie de sa collection, donnée en 1913 par ses héritières Madeleine et Jeanne Smith à la Bibliothèque Nationale (don 36480), conservée jusqu’en 1980 à la Bibliothèque Smith-Lesouëf de Nogent-sur-Marne, puis répartie entre les différents départements de la Bibliothèque Nationale.
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