Poitiers. Musée Sainte-Croix - Épitaphe de Mumlenau (CIFM I, 91)

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Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)

  • Fonction de l'inscription - Epitaphe d'une moniale.

    Lieu de conservation - La pierre était ensevelie dans la crypte de l'église, près du tombeau de sainte Radegonde. Recueillie par l'abbé Auber lors des restaurations de 1860, elle fut donnée au Musée de l'Echevinage en 1897.

    Support et dimensions - Pierre de 35,5 x 15,7cm. Interligne: 2,5cm à gauche, 2cm à droite.

    Transcription - 1. [I]N ⁝ AN ⁝ NO ⁝ XX[...] RE[G]NAN ⁝ TE[*].

    2. K ⁝ [R]O ⁝ LO ⁝ RE ⁝ GE [FRANCO]R[VM] ⁝

    VIIII ⁝ KALENDAS ⁝ IVNIAS ⁝

    3. SIC ⁝ FVID MVMLE ⁝ NAV DEO ⁝ DEVOTA

    4. DE ⁝ FVNCT[A] ⁝ CV ⁝ IVS ⁝ [COR]P[VS]CVLVS ⁝ IC

    5. [QV]lES ⁝ CIT ⁝ REQVIES[CAT ANIMA EI]VS ⁝ IN ⁝ P[ACE]

    Traduction - En la vingt... année du règne de Charles, roi de France, le 9

    des calendes de juin (24 mai), ainsi mourut Mumlenau, consacrée

    à Dieu. Son humble corps repose ici. Que son âme repose en paix.

    Remarques paléographiques - Pierre préalablement réglée. Mots ou parties de mots séparés par trois points verticaux qui correspondent plus à un souci décoratif qu'à une ponctuation. Aucune lettre onciale. Plusieurs lettres sont très proches de l'écriture mérovingienne, telles le G de rege (1. 2), les E (1. 2 et 3) où la haste verticale dépasse les horizontales, le M du prénom Mumlenau, aux jambages obliques très écartés. Il convient également de signaler les O en losange, la forme caractéristique du Q (l. 5), ainsi que la hauteur des bâtonnets médians du chiffre VIIII (1. 2).

    Remarques linguistiques - Au niveau du vocabulaire, on remarquera la forme fuid (1. 3) la graphie Krolo, identique à celle d'une autre inscription carolingienne conservée au même musée, et l'emploi du mot devota qui sert à désigner les vierges consacrées à Dieu[*].

    Sources (bibliques, liturgiques ou profanes) et formules - Composition d'ensemble très classique, comprenant une formule de datation, le nom du défunt et une prière.

    Commentaire historique et datation - Le personnage cité est inconnu par ailleurs. Le nom a une origine germanique[*]Compte tenu des formes paléographiques, il semble préférable d'attribuer cette inscription au règne de Charlemagne plutôt qu'à celui de Charles le Chauve, ce qui la situerait vers les années 790.

Bibliographie

Ces références bibliographiques ont fait l'objet d'un traitement et disposent le cas échéant de liens vers des versions en ligne.

  • AUBER, Charles-Auguste (1875), "L'anneau de sainte Radegonde", Revue de l'art chrétien, 2e sér., t. II, p. 37, ici p. 37 [texte, commentaire]
  • FAVREAU, Robert, MICHAUD, Jean (1974), Poitou-Charentes. 1. Ville de Poitiers, Paris (Corpus des inscriptions de la France médiévale, 1), ici p. 115-116 (https://www.persee.fr/doc/cifm_0000-0000_1974_cat_1_1)
  • LONGUEMAR, Alphonse Le Touzé de (1864), "Épigraphie du Haut Poitou", Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest, t. XXVIII (1863), p. 43-399, ici p. 174 [fac-sim., texte] (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k272300j/f192)

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