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Source des données : Persée - CIFM (Corpus des inscriptions de la France médiévale)
Epitaphe composée par Paul Diacre, à la demande de l'abbé Aper de Saint-Hilaire. Paul Diacre séjourna en France de 782 à 786 et cefut pendant son séjour qu'il composa ce texte[*]. On ignore si cette épitaphe fut gravée.
INGENIO CLARUS SENSU CELER ORE SUAVIS
CUJUS DULCE MELOS PAGINA MULTA CANIT
FORTUNATUS APEX VATUM VENERABILIS ACTU
AUSONIA GENITUS HAC TUMULATUR HUMO
CUJUS AB ORE SACRO SANCTORUM GESTA PRIORUM
DISCIMUS HAEC MONSTRANT CARPERE LUCIS ITER
FELIX QUAE TANTIS DECORARIS GALLIA GEMMIS
LUMINE DE QUARUM NOX TIBI TETRA FUGIT
HOS MODICOS PROMPSI PLEBEIO CARMINE VERSUS
NE TUUS IN POPULIS SANCTE LATERET HONOR
REDDE VICEM MISERO NE JUDICE SPERNAR AB AEQUO
EXIMIIS MERITIS POSCE BEATE PRECOR.
D'intelligence brillante, d'esprit prompt, de voix agréable,
lui dont le doux chant fait résonner mainte page,
Fortunat, prince des poètes, vénérable par ses actes,
natif d'Ausonie, est enterré en ce tombeau.
De sa bouche sacrée nous apprîmes les actes des saints
qui nous précédèrent, qui montrent comment parcourir
le chemin de lumière. Heureuse Gaule qui es parée
de tant de gemmes dont la lumière, pour toi,
met en fuite la nuit hideuse ! J'ai publié ces modestes vers
dans un chant populaire, afin que ta gloire, ô saint,
ne soit pas cachée aux peuples. Paie-moi de retour,
moi qui suis misérable. Par tes hauts mérites, intercède,
ô bienheureux, je te prie, pour que le juge équitable
ne me méprise pas.
L'évêque saint Fortunat était, de même que Paul Diacre, originaire d'Italie. Il naquit vers 530, et quitta son pays quelque trente ans plus tard, afin de se rendre en pèlerinage au tombeau de saint Martin. Il séjourna ensuite à Poitiers où il devait se fixer définitivement. Accueilli au monastère fondé par sainte Radegonde, il devint l'aumônier et le chapelain de celle-ci et ce fut par son intermédiaire qu'il entra en relation avec les plus grands évêques du pays, dont Grégoire de Tours. Il fut ordonné prêtre, puis évêque de Poitiers, à la fin de sa vie (vers 592), et mourut au début du VIIe s. A Saint-Hilaire sa fête était célébrée solennellement à son jour propre, le 14 décembre. Une quinzaine d'années après Paul Diacre, l'anglais Alcuin, à son tour, composera une épitaphe pour le célèbre évêque de Poitiers.
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